café moins fort

Londres (awp/afp) - Le cours du cuivre a encore battu des records cette semaine, atteignant 11.705 dollars la tonne vendredi, les investisseurs craignant l'application de droits de douane aux Etats-Unis sur le cuivre raffiné.

Cet été, le cours du métal rouge avait nettement reculé après la décision des Etats-Unis d'appliquer des droits de douane de 50% uniquement sur les produits de cuivre semi-finis et non sur le cuivre raffiné directement comme les intervenants l'avaient crû dans un premier temps.

Mais, désormais, le marché "craint de plus en plus que les droits de douane puissent finalement être étendus" au cuivre raffiné, affirme Thu Lan Nguyen de Commerzbank, ce qui fait s'emballer le cours du métal.

Les Etats-Unis ne produisant pas assez de ce type de cuivre pour alimenter l'ensemble de leur demande domestique, les acheteurs américains importent davantage de métal rouge de l'étranger pour accroître leurs réserves.

Résultat, "les stocks de cuivre disponibles sur le LME (la Bourse des métaux de Londres) ont atteint leur plus bas niveau depuis juillet", explique J.P. Steiner d'ADM Investors Services.

La hausse des prix est entre autres renforcée par l'annonce que "les fonderies de cuivre chinoises réduiront leur production de plus de 10% en 2026 afin de lutter contre la surcapacité dans ce secteur", souligne l'analyste.

Vendredi, vers 15H25 GMT (16H25 à Paris) une tonne de cuivre coûtait 11.659 dollars sur le LME, contre 11.189 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

-L'argent à un nouveau record, l'or patine-

Si l'or s'est montré sans grand éclat cette semaine, l'argent s'est envolé à un nouveau sommet historique, porté par une demande industrielle soutenue et une offre tendue.

L'once d'argent a atteint vendredi le prix inédit de 59,3336 dollars l'once (31,1 g).

La valeur du métal a plus que doublé cette année, et s'est particulièrement emballée ces dernières semaines, prenant environ 22% rien que depuis le début du mois de novembre.

L'argent était déjà porté par la demande liée "au développement du solaire, à l'électronique" et par une offre minière limitée, ainsi que la crainte de possibles droits de douane américains, constate Ole Hansen, de Saxo Bank.

Selon l'analyste, "cette dernière flambée a été soutenue par l'annonce d'une chute des stocks des entrepôts suivis par la bourse de Shanghai à leur plus bas niveau en dix ans".

Les métaux précieux, considérés comme des actifs sûrs, restent aussi aidés par les anticipations du marché d'une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine, qui affaiblit le dollar.

Mais après ses récents sommets, l'or "manque de dynamique", souligne Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com, qui note une "zone de résistance" du prix entre 4.245 et 4.270 dollars.

En Italie, un amendement parlementaire propose que les réserves d'or du pays soient déclarées propriété du peuple italien.

Avec 2.452 tonnes, la Banque d'Italie est la banque centrale qui possède les plus importantes réserves d'or au monde après les États-Unis et l'Allemagne.

Mais "il est très improbable que la banque centrale italienne soit contrainte par le gouvernement de vendre de l'or" (ce qui peut théoriquement faire baisser les prix), et même "si tel était le cas, elle trouverait facilement des acheteurs parmi les autres banques centrales", tempère Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Vendredi, l'once d'or s'échangeait à Londres à 4.247,80 dollars, contre 4.239,43 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

-Le café au rabais-

Les cours du café ont baissé cette semaine, avec l'amélioration des estimations de récolte au Brésil.

"La production brésilienne de café en 2025 est estimée à 56,5 millions de sacs de 60 kilos" a annoncé, l'institut public brésilien Conab.

Cela représente "une hausse de 1,3 million de sacs" par rapport à la précédente estimation, souligne Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, et une augmentation de 4,3% par rapport à la récolte de l'an passé.

Il s'agirait de la troisième meilleure année de récolte enregistrée par Conab (après 2020 et 2018) au Brésil, de loin le premier pays producteur de café.

Par ailleurs, le Parlement européen a approuvé mercredi le report d'un an de l'entrée en vigueur d'une loi emblématique contre la déforestation.

Le café et d'autres produits agricoles importés dans l'UE pourront l'être sans avoir à prouver qu'ils ne viennent pas de plantations issues de la déforestation après le 31 décembre 2020.

Cette mesure réduit la pression sur les cultures, ce qui favorise une plus grande offre et contribue à une réduction des prix.

Sur l'ICE Futures US de New York vendredi, la livre d'arabica pour livraison en mars valait 374,80 cents, contre 381,20 cents le précédent vendredi.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s'échangeait à 4.188 dollars, contre 4.565 dollars à la clôture sept jours plus tôt.

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