Les actions d'Advanced Micro Devices (AMD) ont grimpé de 7 % mercredi, après que le fabricant de puces a dévoilé un objectif audacieux : atteindre 100 milliards de dollars de revenus annuels dans les centres de données, avec l'ambition de s'emparer d'une part plus importante du marché florissant de l'intelligence artificielle, actuellement dominé par Nvidia.
Si cette progression se maintient, la capitalisation boursière d'AMD devrait s'accroître de plus de 26 milliards de dollars, au lendemain de la présentation de ses objectifs à trois-cinq ans, parmi lesquels figure le triplement de ses bénéfices. Il s'agissait du premier « analyst day » organisé par AMD depuis trois ans.
Le marché des puces pour centres de données pourrait atteindre 1 trillion de dollars d'ici 2030, a indiqué la PDG Lisa Su aux analystes, soulignant comment la course à l'IA de pointe déclenche une véritable ruée sur les infrastructures et des investissements records de la part des géants technologiques américains.
Cette prévision englobe les processeurs polyvalents, les puces réseau et les accélérateurs d'IA d'AMD, mais elle contraste avec l'estimation nettement plus optimiste de Nvidia, qui table sur 3 à 4 trillions de dollars de dépenses dans l'infrastructure IA d'ici la fin de la décennie.
Plusieurs analystes jugent les objectifs d'AMD atteignables, citant notamment d'importants partenariats avec OpenAI et Oracle susceptibles de générer des dizaines de milliards de dollars de ventes, ainsi que des discussions en cours avec d'autres grands opérateurs du cloud.
Depuis le début de l'année, l'action AMD a progressé d'environ 97 % et affiche une hausse de 16 % depuis le 6 octobre, date à laquelle l'entreprise a conclu un accord avec OpenAI.
Pour rivaliser avec Nvidia dans l'IA, AMD mise sur sa prochaine génération de puces MI400 et sur le système de rack Helios, attendu pour 2026.
Sur les trois à cinq prochaines années, AMD anticipe une croissance annuelle de 35 % pour l'ensemble de ses activités et de 60 % pour sa division centres de données. Le groupe prévoit également une hausse de son bénéfice à 20 dollars par action sur la période, alors que les estimations de LSEG tablent sur un profit de 2,68 dollars par action en 2025.
Stacy Rasgon, analyste chez Bernstein, estime que ces objectifs paraissent « quelque peu ambitieux/aspirationnels », leur réalisation dépendant de la capacité d'AMD à utiliser Helios pour passer d'un acteur marginal à un leader de l'IA.
« Le verdict reste à venir, mais la direction adopte clairement une posture offensive dans son discours », observe-t-il.
Les investisseurs de Nvidia restent sereins : le titre a progressé de 1,5 %.



















