Après la capture de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines samedi, tout le monde se demande désormais quel pays sera la prochaine cible de Donald Trump. Ces dernières heures, tous les regards convergent vers le Groenland, territoire sous souveraineté danoise.
Hier, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que Donald Trump et son équipe "discutent de plusieurs options" pour obtenir le Groenland, ajoutant que "bien sûr utiliser l’armée américaine est toujours une option".
Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain a régulièrement dit que les Etats-Unis devaient mettre la main sur le Groenland pour des enjeux de sécurité nationale. "On s’occupera du Groenland dans environ deux mois" déclarait-il dimanche à bord d’Air Force One.
La capture de Maduro a été une démonstration de force de la part des Etats-Unis, qui leur donnent désormais un levier immense vis-à-vis des autre pays. Autrement dit, ils peuvent obtenir beaucoup de concessions simplement en agitant la menace d’une intervention militaire.
Il ne faut donc pas forcément se précipiter sur Polymarket et tout miser sur une intervention américaine au Groenland. Selon le Wall Street Journal, le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré lundi à des parlementaires que les récentes menaces de l'administration contre le Groenland ne signifient pas que les Etats-Unis prévoient une invasion imminente et que l'objectif est de racheter l'île au Danemark.
Au cours de leur histoire, les Etats-Unis ont tenté à plusieurs reprises d’acheter le Groenland. Donald Trump, lui-même avait tenté le coup en 2019, évoquant une "grande transaction immobilière", très avantageuse, selon lui, pour Copenhague. L’offre avait suscité un tollé et il avait dû annuler une visite prévue au Danemark.
Faire monter la pression
Mais désormais, il ne s’agit plus d’un achat immobilier et l’administration américaine fait monter la pression. En décembre, Donald Trump a nommé un envoyé spécial pour le Groenland, le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry. Samedi, Katie Miller, épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, a publié une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain, avec la mention "SOON" (bientôt).
En janvier dernier, c’est Donald Trump Jr, fils du président américain, qui s’était rendu sur l’île. Puis, en mars 2025, JD Vance avait effectué une visite sur la base américaine de Pituffik. Sur place, il avait tancé le Danemark pour ne pas avoir suffisamment investi dans la sécurité du Groenland : "Nos amis au Danemark n’ont pas fait leur travail".
A l’époque, le vice-président américain semblait jouer la carte de l’indépendance du Groenland "Ce qui va arriver, à notre avis, c’est que les Groenlandais vont choisir de devenir indépendants du Danemark. A partir de là, nous aurons des conversations avec les habitants du Groenland. Donc, je pense qu’il est bien trop prématuré de parler de choses trop lointaines. Nous ne pensons pas que la force militaire sera un jour nécessaire."
Une prise par la force du Groenland serait une rupture parce que ce serait une attaque contre le territoire d’un membre de l’OTAN. "Si les Etats-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête" a alerté lundi la première ministre danoise, Mette Frederiksen. "Y compris notre OTAN, et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la seconde guerre mondiale".


















