Si les banques de l'arc méditerranéen (Italie, Espagne) ont largement contribué à la performance sectorielle, des champions ont fini par apparaître un peu partout. En France, c'est la Société Générale et sa hausse de 153% en 2025 qui s'est retrouvée sous le feu des projecteurs. Longtemps mal-aimée à cause de performances inférieures à la moyenne, la banque rouge et noire a effectué sa mue, jusqu'à devenir la coqueluche des investisseurs. Sur trois ans, le titre affiche 213% de hausse (dividendes réinvestis), loin devant Crédit Agricole (+105,8%) et BNP Paribas (+88%), qui a perdu son statut de vedette du secteur.

Source Zonebourse (parcours dividendes réinvestis)
Les planètes sont encore alignées
Les analystes qui suivent le secteur bancaire estiment généralement que les planètes sont toujours alignées pour les établissements européens, qui pâtissent encore d'une décote d'un tiers environ sur leurs homologues américains. Bank of America souligne par exemple que le secteur se traite autour de 9 à 10 fois les bénéfices et de 1,4 fois les fonds propres tangibles, malgré une rentabilité désormais élevée et stabilisée, avec un ROTE qui monte en profitant de conditions favorables. Ce ratio mesure la capacité d’une banque à créer de la valeur réelle avec son capital tangible, donc sa valorisation et sa capacité à rémunérer durablement les actionnaires. Il était par exemple de 6,1 en moyenne entre 2014 et 2023 pour la Société Générale, et devrait monter à 9,8% cette année et 11% en 2027.
La hausse boursière sectorielle est jugée vertueuse parce qu'elle a été entretenue par la progression des résultats. Une tendance qui devrait se poursuivre : 10 à 11% de croissance annuelle moyenne d'ici 2028, avec des performances plus élevées en Europe centrale, en Grèce et en Espagne. Le niveau des taux de la BCE, les réformes européennes en cours et les économies espérées de l'IA renforcent la robustesse des anticipations.
Dans ce contexte, les actionnaires ont été choyés et devraient continuer à l'être. Les ratios de fonds propres record et les excédents de capital significatifs, permettent de verser des dividendes et de racheter des actions. Le rendement moyen des 40 plus grosses banques européennes ressort actuellement à 6,3% (dividendes et rachats d'actions cumulés, données S&P Capital IQ / Zonebourse).
Le trio bancaire français publie ses résultats du 4e trimestre et de l'année 2025 cette semaine
- Crédit Agricole (mercredi 4 février à 7h00) : la banque verte, avec sa structure complexe et sa colonie de banques régionales cotées, continue à susciter des sentiments mitigés chez les professionnels. Des trois banques hexagonales, c'est celle qui bénéficie du moins d'avis positifs.
- BNP Paribas (jeudi 5 février à 7h00) : l'ex-première banque européenne semble susciter à nouveau l'intérêt du marché, en partie parce qu'elle est en retard sur ses congénères. Depuis le 1er janvier, UBS et JP Morgan sont repassés acheteurs, tandis que Goldman Sachs, RBC et Oddo BHF ont relevé leurs objectifs de façon substantielle. Nous avions mis en avance la décote du dossier dernièrement.
- Société Générale (vendredi 6 février à 6h25) : malgré son parcours boursier impressionnant, les analystes estiment que le groupe conserve du potentiel. 14 des 19 bureaux d'études qui suivent le dossier sont positifs. Ces dernières semaines, comme souligné précédemment, on note toutefois un léger biais en faveur de BNP Paribas.
UBS, Santander, Unicredit… beaucoup d'autres résultats cette semaine
Parmi les autres banques européennes, citons Banco Santander et UBS Group (mercredi 4 février), BBVA et Unicredit (jeudi 5 février), Banca Monte dei Paschi (lundi 9 février), Barclays (mardi 10 février), Commerzbank (mercredi 11 février), KBC (jeudi 12 février), Natwest (vendredi 13 février) et HSBC (mercredi 25 février). Les publications sectorielles européennes ici.
Hier, Intesa a annoncé 50 MdsEUR de retour à ses actionnaires d'ici 2029 dans le cadre de la présentation d'un nouveau plan de moyen terme. La seconde banque italienne a dégagé 9,3 MdsEUR de bénéfice net en 2025 et prévoit d'atteindre 11,5 MdsEUR d'ici 2029. Sa capitalisation de 123 MdsEUR est un peu plus élevée que celle de BNP Paribas… pour le moment.




















