Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluaient à de hauts niveaux mais sans entrain jeudi, au lendemain d'une nouvelle série de records. Les investisseurs digéraient la fin de la plus longue paralysie budgétaire de l'histoire des Etats-Unis, et le flou économique lié à l'absence de publications officielles.

En Europe, vers 16h00, le CAC 40 gagnait 0,34% à Paris. En début de séance, l'indice a atteint un nouveau record absolu à 8314,23 points, dépassant celui de la veille. Milan prenait 0,41%. Les Bourses de Francfort (-0,87%) et de Londres (-0,80%) perdaient cependant du terrain, tout comme la Bourse suisse (SMI: -0,32% vers 16h47). Madrid restait stable (0,00%) peu après avoir touché un nouveau sommet historique en séance.

La Bourse de New York a ouvert en baisse, le Dow Jones perdant 0,29% dans les premiers échanges, au lendemain d'un record en clôture. L'indice Nasdaq reculait de 1,02% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,60%. "Les investisseurs semblent hésitants après la fin du plus long +shutdown+ gouvernemental de l'histoire des États-Unis", commente Fawad Razaqzada, analyste de marché, chez Forex.com.

Donald Trump a promulgué mercredi la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire de l'histoire des Etats-Unis, dont il a profité pour éreinter l'opposition démocrate et vanter une nouvelle fois sa politique économique. Après plus de 40 jours d'impasse budgétaire, une poignée de sénateurs démocrates ont fini par rendre les armes lundi en approuvant avec leurs collègues républicains une nouvelle proposition de loi, qui étend le budget précédent jusqu'au 30 janvier.

"Bien qu'il soit difficile de dire si ce blocage a réellement pesé sur les actions - celles-ci ayant globalement progressé pendant cette période - la question est désormais de savoir si l'élan haussier récent du marché touche à sa fin", estime M. Razaqzada. "Les investisseurs vont retrouver la publication des données macroéconomiques essentielles, même s'il est probable que le CPI (l'indice d'inflation américain) et certaines données sur le marché de l'emploi au mois d'octobre ne seront jamais publiés", relèvent les analystes de Natixis.

"Cela laisse donc les marchés dans un vide statistique encore quelque temps, ce qui signifie que les mouvements de prix pourraient être davantage dictés par le sentiment et les positions que par les données fondamentales", poursuit Fawad Razaqzada. Dans ce contexte, le dollar perd du terrain jeudi, pénalisé par la fin du +shutdown+ américain, car les données économiques pourraient révéler un marché de l'emploi mal en point et pousser la Réserve fédérale (Fed) à abaisser ses taux.

Le billet vert cédait 0,26% à 1,1624 dollar pour un euro vers 15H00 GMT.

La tech perd de son élan

"Les actions technologiques (...) montrent des signes de fatigue", souligne Fawad Razaqzada. "Les investisseurs paraissent de plus en plus inquiets de l'ampleur et de la rapidité avec lesquelles la thématique de l'intelligence artificielle a gonflé les valorisations."

A Wall Street, Nvidia (-2,85%), Arm (-3,33%), Microsoft (-0,40%), Intel (-2,80%), Alphabet (-2,61%) ou encore Palantir (-3,21%) s'affichaient en baisse dans les premiers échanges.

Lors des dernières séances boursières, M. Razaqzada a noté une "rotation sectorielle notable" : "les investisseurs se détournent des titres à forte croissance pour revenir vers les secteurs défensifs". "Avec des valorisations technologiques tendues et des attentes vis-à-vis de la Fed encore fluctuantes, les investisseurs devront probablement composer avec une phase de consolidation tant que des données plus claires - ou un nouveau catalyseur - ne se présenteront pas", résume-t-il.

Le pétrole hésite

Les prix du pétrole fluctuaient jeudi, faute de tendance claire pour le secteur après la publication de plusieurs rapports clés: l'Agence internationale de l'énergie (AIE) projette ainsi un large surplus l'année prochaine mais elle se montre plus optimiste sur la demande à long terme.

Vers 16h00, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 0,74% à 63,18 dollars, quand son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 0,75% à 58,93 dollars, après avoir débuté la séance européenne dans le rouge.

afp/vj