Buenos Aires (awp/afp) - L'inflation en Argentine est restée relativement contenue en janvier, à 2,9% sur un mois, mais est au coeur d'une petite tempête politique, avec la démission récente du directeur de l'Institut de la statistique, sur fond de nouveau mode de calcul d'un indice hautement sensible.
La hausse des prix en janvier, communiquée mardi par l'Institut national de la statistique (Indec), marque un léger regain après les 2,8% de décembre, 2,5% de novembre et 2,3% d'octobre, sans pour autant démentir la tendance lourde à la décélération depuis plus d'un an.
Ainsi, l'année 2025 s'est clôturée avec 31,5% d'inflation annuelle, la plus basse depuis huit ans en Argentine. Un succès macro-économique revendiqué par le président ultralibéral Javier Milei, après deux ans d'austérité budgétaire drastique. Il était arrivé au pouvoir fin 2023 avec une inflation interannuelle de près de 150%.
Sur douze mois, l'inflation s'établissait fin janvier à 32,4%.
L'indice de janvier sort pourtant en pleine polémique, car le directeur de l'Indec depuis 2019, Marco Lavagna, a démissionné il y a quelques jours, alors que se profilait un nouveau mode de calcul actualisé de cet indice mensuel.
L'indice actuel est régulièrement sujet à controverse. Nombre d'experts contestent son mode de calcul daté, ne reflétant pas assez des modes de consommation qui ont changé en 20 ans. Et intégrant insuffisamment des biens et services qui ont vu leurs subventions graduellement taries sous Javier Milei, tels que transports, eau, électricité, ou loyers libérés.
Ces subventions ont justement de nouveau baissé en janvier 2026, contribuant à une nouvelle hausse des prix des transports en commun.
Le ministre de l'Economie, Luis Caputo, a concédé que Javier Milei et lui avaient préféré attendre, avant de passer au nouvel indice, que "le processus de désinflation soit consolidé". Ceci afin "de comparer des poires avec des poires, et des pommes avec des pommes" sur la durée, a-t-il expliqué.
Mais faute de communication de l'ex-directeur de l'Indec sur sa démission, plusieurs médias soupçonnent un retard politique, pour éviter qu'un indice actualisé, qui était prêt depuis des mois, montre une inflation réelle plus élevée. Laquelle aurait compromis les chances de Javier Milei aux élections législatives de mi-mandat d'octobre 2025, lors desquelles son parti a finalement remporté un net succès.
La Société argentine de statistiques a exprimé sa "préoccupation" face à la décision de l'exécutif de retarder la mise en place du nouvel indice. Elle a déploré "l'atteinte à l'indépendance de l'institution" statistique Indec, et "une crédibilité affectée, tant au niveau national qu'à l'international".
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