Buenos Aires (awp/afp) - L'inflation en Argentine a atteint 2,1% sur septembre, en léger regain par rapport au mois précédent, mais qui ne dément pas une tendance lourde à la décélération, à quelques jours de législatives où Javier Milei jouera sa marge de manoeuvre sur ses deux ans de mandat restant.

Javier Milei était mardi à la Maison Blanche, reçu par son allié idéologique Donald Trump, qui lui a réaffirmé son soutien. Mais il a précisé que l'importante aide financière annoncée jeudi par le Trésor, pour éviter à l'Argentine une crise de liquidités, serait conditionnée à un succès de Javier Milei à ces élections.

Après 1,6% en juin et 1,9% en juillet puis de nouveau en août, l'indice des prix à la consommation (IPC) de septembre publié mardi par l'Institut de la statistique (Indec) place l'inflation cumulée sur douze mois à 31,8%. Soit un ralentissement spectaculaire : fin 2024, elle s'établissait à 117,8% sur douze mois.

Sur les neuf premiers mois de 2025, l'inflation cumule 22%, là encore une chute très marquée par rapport aux 101,6% sur la même période en 2024.

Mais les succès macro-économiques de Javier Milei en 22 mois au pouvoir, au prix d'une draconienne austérité budgétaire, ne bénéficient pas au pouvoir d'achat de la majorité, comme l'exécutif l'a lui-même reconnu, dans la foulée de son revers électoral, le 7 septembre, à une importante élection régionale.

"Les résultats macro-économiques n'arrivent pas aux gens", a concédé alors le chef du cabinet des ministres, Guillermo Francos.

Nombre d'Argentins, mais aussi d'experts, mettent en doute le mode de calcul daté de l'indice mensuel IPC, ne reflétant pas selon eux des biens et services qui ont vu leurs subventions taries par le gouvernement Milei, tels transports, eau, électricité, ou bien les loyers libérés.

Les loyers, sur Buenos Aires, ont par exemple augmenté de près de 38% sur un an, environ six points au-dessus de l'inflation, selon le site immobilier Zonaprop.

A l'approche des élections du 26 octobre, qui renouvelleront partie des sénateurs et des députés, le peso argentin s'est retrouvé sous forte pression, sur fond d'inquiétude des marchés financiers sur le maintien du cap d'austérité de Javier Milei, et sur les réserves de la Banque centrale.

D'où l'aide financière américaine, que Donald Trump a conditionnée mardi à un bon résultat pour Milei : "S'il perd, nous n'allons pas être généreux avec l'Argentine" a-t-il dit.

Mardi, le Fonds monétaire international a revu à la baisse les perspectives de croissance de l'Argentine pour 2025, de 5,5% à 4,5%.

afp/rp