(Alliance News) - AstraZeneca PLC pourrait se voir contraint de suspendre le lancement de nouveaux traitements au Royaume-Uni et en Europe si les gouvernements ne revoient pas à la hausse le prix payé pour les médicaments innovants, a déclaré le directeur général Pascal Soriot dans un entretien accordé au Financial Times publié samedi.

M. Soriot a précisé qu'AstraZeneca n'aurait d'autre choix que de donner la priorité au marché américain si les prix en Europe demeuraient trop bas.

'C'est triste et cela me brise le coeur, mais nous n'aurions pas le choix', a confié M. Soriot au FT. 'Je dois m'occuper des patients, mais je dois également veiller aux intérêts de nos actionnaires et générer suffisamment de revenus pour pouvoir réinvestir dans notre R&D et dans de nouveaux médicaments.'

Selon l'article, les géants pharmaceutiques mondiaux ont signé des accords dits de la 'nation la plus favorisée' avec l'administration Trump, en vertu desquels les prix de certains médicaments aux États-Unis ne peuvent excéder ceux pratiqués en Europe, au Japon et au Canada.

Ces dispositions ont poussé certaines entreprises à envisager de retarder, voire d'annuler, des lancements en Europe afin d'empêcher que des prix internationaux plus bas n'affectent les revenus générés aux États-Unis, rapporte le FT.

M. Soriot a souligné qu'AstraZeneca réalise environ 45% de son chiffre d'affaires aux États-Unis, contre environ 2% respectivement au Royaume-Uni, en France et en Espagne.

Ces déclarations interviennent alors qu'AstraZeneca a célébré sa cotation directe au New York Stock Exchange, finalisée en février. M. Soriot a balayé les rumeurs suggérant que cette opération signalait un désengagement de la place de Londres, affirmant au FT que le groupe restait pleinement engagé au Royaume-Uni.

L'action AstraZeneca a clôturé en hausse de 2,2% à 13 856,00 pence vendredi à Londres.

Par Eva Castanedo, journaliste pour Alliance News

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