C'est que l'ensemble des grandes inquiétudes du moment - tant au niveau domestique qu'international - ne se reflète guère dans les opérations de BNP Paribas, qui navigue semble-t-il avec une étonnante réussite à travers cette conjoncture compliquée.
Si le segment banque d'affaires affiche une performance plutôt atone, sans surprise, le segment banque de détail surprend lui par sa très bonne performance ; idem du côté des pôles assurance et gestion d'actifs - ce dernier ayant été renforcé par l'intégration d'Axa IM - ce qui était toutefois attendu.
En bas de tableau, le profit avant taxes progresse de 8,7% tandis que la rentabilité évolue sur ses plus hauts à dix ans, en même temps que le volume de prêts sous tension et d'actifs défaillants reste lui sur son plancher à dix ans.
Comme toutes les grandes institutions financières, BNP prend ses distances avec un éventuel pic de stress dans la classe d'actifs dite "private credit", en soulignant bien que ceci ne représente que 3% de son volume de prêts global - vers des sociétés de gestion très essentiellement - avec pour l'instant aucun de ces crédits catégorisé non-performant.
Le titre de l'action BNP s'est particulièrement bien ressaisi depuis notre dernier commentaire de résultats, dans lequel nous soulignions que la capitalisation boursière du groupe décotait de manière sans doute injuste de plus d'un tiers sur la valeur de ses capitaux propres tangibles.
Cette pénalité nous semblait d'autant plus imméritée que le groupe avait commencé à entreprendre une cure d'amaigrissement rapide de son réseau d'agences - avec des économies substantielles à la clé - et qu'il s'imposait comme le troisième acteur européen du secteur de la gestion d'actifs après son acquisition d'Axa IM.
Malgré des rachats d'actions soutenus, il est vrai que d'une année sur l'autre la valeur des capitaux propres tangibles par action n'a progressé que modestement, de 95,8 euros l'an dernier à la même époque à 96,6 euros à la fin du premier trimestre 2026. Mentionnons cependant que BNP a distribué un très généreux dividende entre temps.
Le groupe du boulevard des Italiens affichait l'an dernier son bénéfice par action le plus élevé à dix ans, avec - nous le disions plus haut - une rentabilité au plus haut et des ratios d'actifs non performants au plus bas.
Dans ce contexte, sa capitalisation boursière revient flirter avec un multiple d'une fois les capitaux propres tangibles - là encore un plus haut à dix ans. Cependant, pour la troisième fois en dix ans, elle vient buter sur ce plafond.



















