New York (awp/afp) - Le constructeur aéronautique américain Boeing a annoncé lundi la finalisation du rachat de son principal sous-traitant Spirit AeroSystems, auquel il avait donné son indépendance en 2005. L'avionneur avait décidé à l'été 2024 de le réintégrer pour améliorer la qualité de sa production.
"Le début de l'intégration des opérations commerciales et après-ventes de Spirit AeroSystems et la création de Spirit Defense représentent une étape charnière dans l'histoire et les succès futurs de Boeing", a commenté Kelly Ortberg, patron de Boeing, cité dans un communiqué. Désormais, les activités commerciales de Spirit vont être totalement intégrées à celles de Boeing - environ 15'000 employés de cinq sites vont changer de casquette -.
Mais celles de défense et espace vont rester dans une filiale baptisée Spirit Defense - rattachée à la branche Boeing Défense, Espace et Services (BDS) -, avec une gouvernance et des opérations indépendantes. Le groupe a reçu le 3 décembre le feu vert de l'autorité américaine de la concurrence (FTC), qui a imposé deux conditions mais celles-ci - des cessions d'actifs - étaient déjà actées depuis plusieurs mois par les différentes parties.
La transaction, réalisée entièrement en actions, a valorisé Spirit AeroSystems à 4,7 milliards de dollars (8,3 milliards dette comprise). SpiritAeroSystems était l'un des plus importants fournisseurs au monde de structures pour avions commerciaux.
Sur ses 6,05 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2023, 70% provenaient de Boeing, environ 23% de son concurrent européen Airbus et le solde d'autres clients (Lockheed Martin, Northrop Grumman, Bombardier, Rolls-Royce), y compris du gouvernement américain pour des équipements militaires.
Airbus a repris les activités qui le concernait, notamment la production de sections de fuselage de l'A350 à Kinston (Est des Etats-Unis) et à Saint-Nazaire (France), des ailes et du fuselage de l'A220 à Belfast (Irlande du Nord) et à Casablanca (Maroc), ainsi que des pylônes de l'A220 à Wichita (Kansas) et des éléments d'ailes des A320 et A350 à Prestwick (Ecosse).
En revanche, le site de Subang (Malaisie) devait être cédé au groupe malaisien CTRM.
La création de la filiale Spirit Defense doit permettre "d'assurer la continuité des contrats de défense existants et de préserver sa capacité à aider l'industrie de défense", y compris des concurrents de Boeing, explique l'avionneur. Cette filiale respectera "des frontières opérationnelles strictes, des +murailles de Chine+, pour assurer la protection d'informations concurrentielles et éviter les conflits d'intérêts".
Vers midi à New York, l'action Boeing progressait de 1,92%.
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