Zurich (awp) - La Bourse suisse restait en repli jeudi à l'approche de la mi-journée, dernière séance avant le week-end pascal, plombée par la remontée des prix du pétrole. Une certaine désillusion se fait sentir, alors que la confiance dans la capacité du gouvernement américain à trouver une issue rapide au conflit avec l'Iran, et donc au choc énergétique mondial, s'estompe.

"Les derniers développements confortent l'idée que le conflit devrait se prolonger au-delà du mois d'avril (...) sans aucune perspective réaliste de retour à la normale pour le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz", écrit Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades. "Ce dernier revirement a provoqué un mouvement de correction généralisé sur les marchés: les prix du pétrole et du gaz ont augmenté, le dollar s'est raffermi et les rendements obligataires ont progressé, tandis que les marchés boursiers ont cédé une partie des gains enregistrés lors de la séance précédente", explique le spécialiste.

"Dans ce contexte, nous pouvons nous attendre à une volatilité persistante sur les marchés, les prix fluctuant à mesure que le discours de l'administration américaine sur la guerre passe d'agressif à constructif, puis revient à son état initial. Néanmoins, la trajectoire la plus probable pour les prix du pétrole reste orientée à la hausse car, malgré le bruit politique, la réalité sous-jacente est que plus le détroit restera effectivement fermé à environ 25% des flux mondiaux de pétrole et de gaz, plus l'impact du choc d'offre sur le marché mondial sera important et plus la probabilité de nouvelles flambées des prix sera grande", craint M. Evangelista.

Vers 10h50, le baril de pétrole se négociait en forte hausse, tant pour le Brent, qui bondissait de 7,2% à 108,43 dollars que pour le WTI, en hausse de 6,8% à 106,9 dollars.

Sur le volet des nouvelles macroéconomiques, les investisseurs s'intéresseront à la publication de la balance commerciale en février, pour les Etats-Unis comme pour le Canada.

En Suisse, l'inflation s'est accélérée à 0,3% au mois de mars en comparaison annuelle, après des hausses de 0,1%, tant en janvier qu'en février. Le rebond demeure modeste au regard des projections des économistes consultés par l'agence AWP, qui articulaient des valeurs de 0,3% à 0,6%. Le renchérissement en Suisse demeure sensiblement plus modérée que dans la zone euro.

A 10h50, l'indice vedette SMI lâchait 0,41% à 12'937,34 points, le SLI reculait de 0,71% à 2055,54 points et le SPI reculait de 0,53% à 18'037,38 points. Sur les trente valeurs vedettes, cinq étaient en hausse, 24 baissaient et une (Swisscom) se négociait à l'équilibre.

Le bon de participation Lindt (+0,6%) figurait dans la liste des rares gagnants, aux côtés des poids lourds Nestlé (+0,5%) et Roche (+0,1%). Zurich Insurance (+0,2%) et Givaudan (+0,1%) complétaient le camp des verts.

Les autres valeurs reculaient, SGS tenant la lanterne rouge provisoire. Le spécialiste de l'inspection et de la certification se repliait de 4,4% ou 3,74 francs suisses, alors que le titre est traité hors dividende de 3,20 francs suisses.

Les plus grands perdants incluaient VAT Group (-3,4%), Amrize (-2,9%), Logitech (-2,3%), Holcim (-2,2%) et ABB (-2,1%).

Novartis (-0,1%) résistait, quand le dernier poids lourd, UBS (-1,7%) faisait pâle figure.

Sur le marché élargi, plusieurs sociétés ont levé le voile sur leurs résultats annuels, notamment Asmallworld et Aevis (chacun inchangés), ainsi que Lastminute (+2,1%) et Montana Aerospace (-8,9%).

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