Zurich (awp) - La Bourse suisse ne parvenait toujours pas à inverser la tendance baissière mercredi à l'approche de la mi-journée. Après la hausse des rendements obligataires mondiaux, les investisseurs continuaient de s'inquiéter des pressions inflationnistes, la flambée des prix de l'énergie semblant désormais s'installer dans la durée. Les détenteurs de capitaux se concentreront en soirée sur les très attendus résultats de Nvidia.

Les investisseurs commencent surtout à craindre une flambée durable des prix de l'énergie, les barils de Brent et de WTI étant désormais bien installés au-dessus des 100 dollars. La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait ainsi devoir envisager de nouvelles hausses de taux alors même que les valorisations boursières restent extrêmement élevées après la vague d'euphorie autour de l'intelligence artificielle, observe John Plassard, associé de la banque Cité Gestion.

Les marchés commencent progressivement à intégrer un scénario qui semblait encore totalement improbable il y a quelques semaines: celui d'une éventuelle nouvelle hausse des taux de la Fed plutôt qu'une baisse. Dans un marché présentant d'évidents signes de nervosité, "les résultats de Nvidia deviennent presque un test majeur pour Wall Street et pour l'ensemble des marchés mondiaux, tant les investisseurs ont besoin d'être rassurés sur la capacité du thème IA à continuer de justifier les valorisations actuelles", poursuit l'expert.

De plus, les président américain Donald Trump continue d'entretenir l'incertitude géopolitique en menaçant de nouvelles frappes contre l'Iran tout en maintenant officiellement les discussions diplomatiques ouvertes. "Un jour différent, mais la même histoire", résume Ipek Ozkaderskaya, analyste de Swissquote Bank.

Pertes contenues pour le SMI

Avant la performance de Nvidia, les marchés vibreront ce mercredi au rythme du renchérissement dans la zone euro et sur les Minutes de la Fed. En Grande-Bretagne, l'inflation a nettement reculé en avril, à 2,8% sur un an, avec l'entrée en vigueur de deux mécanismes destinés à baisser les factures d'énergie des ménages, décidés avant la guerre au Moyen-Orient, mais le répit risque d'être de courte durée.

Du côté de la Bourse suisse, le SMI, après une ouverture dans le rouge à hauteur de 0,24%, retrouvait peu avant 11h00 une évolution latérale, l'indice phare notant à 13'317,30 points, soit un repli de 0,36%, après avoir auparavant creusé ses pertes. Le SLI abandonnait pour sa part 0,23% à 2118,05 points et l'indicateur élargi SPI 0,27% à 18'816,52 points.

Sur les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, dix gagnaient désormais du terrain et dix-neuf en perdaient, alors que la défensive Swisscom était à l'équilibre. En fonds de classement, l'assureur-vie Swiss Life (-1,5%), qui dévoile jeudi ses primes et commissions au 1er trimestre, avait repris la lanterne rouge au poids lourd Nestlé (-1,2%). Deux sites français de l'unité Waters du groupe veveysan ont été visés mardi par des "inspections inopinées" d'agents de la Répression des fraudes, d'après la cellule investigation de la radio publique française Radio France.

Les trois autres plus grosses capitalisations du marché se montraient plus solides. Alors que le bon de participation du mastodonte pharma Roche lâchait 0,5%, la nominative du voisin et concurrent Novartis (+0,1%) et celle du numéro un bancaire helvétique UBS (+0,5%) gardaient la tête hors de l'eau.

Le numéro un mondial des arômes et parfums Givaudan (-1,1%) était aussi à la peine, tout comme les autres assureurs Helvetia Baloise (-1,0%) et Zurich Insurance (-0,9%), notamment.

En haut de classement, le spécialiste des soins dermatologiques Galderma Group (1,9%) s'était installé sur la plus haute marche du podium provisoire, dépassant le fabricant de périphériques et accessoires informatiques Logitech (+1,2%), l'équipementier de pompes à vide VAT Group (+1,1%) et le géant de l'électrotechnique ABB (+0,9%).

Sur le marché élargi, Ypsomed décollait de près de 9,5%. La medtech bernoise, délestée depuis le mois d'août dernier de son unité Diabetes Care, a limité en 2025/26 le tassement de ses recettes, l'essor des revenus des dispositifs d'autoinjection ayant presque compensé l'impact de ce changement de périmètre de consolidation. Le bénéfice net a bondi et le dividende proposé est lui doublé.

EFG International s'affaissait de 1,1%. Le gestionnaire de fortune a profité d'un solide afflux d'argent nouveau sur les quatre premiers mois de l'année. Le bénéfice net a atteint "plus de 130 millions de francs suisses", indique mercredi la banque dans ses chiffres non audités.

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