Zurich (awp) - La Bourse suisse devrait démarrer la séance de lundi en baisse, actant l'échec des négociations de paix entre l'Iran et les Etats-Unis ainsi que l'annonce par Washington d'un blocus du détroit d'Ormuz. La victoire du pro-européen Peter Magyar aux élections législatives en Hongrie devrait par contre rassurer les investisseurs.

Le blocus des ports iraniens, annoncé par les Etats-Unis après l'échec de pourparlers avec l'Iran, doit débuter ce lundi à 14h00 GMT. L'incapacité des deux parties à trouver un accord après plus de 20 heures de négociations à Islamabad fait craindre une reprise des attaques après plus de six semaines d'une guerre qui a fait plus de 6000 morts, principalement en Iran et au Liban, et a déstabilisé l'économie mondiale.

"Après l'échec des pourparlers de paix au Moyen-Orient, le cessez-le-feu semble encore plus fragile. Le moral des investisseurs devrait continuer à se détériorer aujourd'hui et des mouvements de fuite vers des actifs de qualité se dessinent", ont détaillé les experts de Commerzbank dans un commentaire.

Les négociations à Islamabad "se sont soldées par un échec retentissant (...) prenant les investisseurs à contre-pied", a pour sa part estimé Frank Sohlleder. Pour l'analyste d'ActivTrades, la question essentielle est désormais de savoir "à quelle vitesse les marchés boursiers internationaux pourront-ils digérer cette amère déception et l'extrapoler des cours".

Dans l'immédiat, le pétrole réagissait vivement à ces annonces, le Brent bondissant de 7,2% à 102,60 dollars et le WTI de 8,18% à 104,47 dollars.

La Bourse suisse accusait aussi le coup, l'indice vedette SMI lâchant vers 08h05 0,94% à 13'060,00 points, selon les indications avant-Bourse compilées par la banque Julius Bär. Vendredi soir, avant le début des pourparlers de paix dans la capitale pakistanaise, il avait clôturé en hausse de 0,18%.

Verdict pour Lafarge

La quasi-totalité des valeurs vedettes devrait démarrer la séance dans le rouge, à l'exception de Partners Group (+0,3%). Le gestionnaire d'actifs a dévoilé vendredi soir avoir levé 8,3 milliards de dollars de nouveaux engagements clients au premier trimestre, principalement auprès d'investisseurs institutionnels, après un total de 26,2 milliards sur l'ensemble de l'année écoulée.

Roche (-1,1%) ne devrait par contre par parvenir à s'extraire du marasme ambiant. Le géant pharmaceutique et du diagnostic a pourtant étoffé sa palette de dépistage dans le domaine de la sclérose en plaques, avec l'obtention d'un marquage CE de conformité européenne pour un test sanguin Elecsys d'identification de neuro-inflammations.

Les deux autres poids lourds de la cote Novartis (-0,9%) et Nestlé (-0,8%) suivaient la même tendance.

Holcim (-0,8%) était également attendu en repli. Le tribunal correctionnel de Paris rendra son délibéré lundi, près de trois mois après le procès pour financement du terrorisme de la société Lafarge, aux mains du groupe zougois, et de huit anciens responsables, dont l'ex-directeur général.

La plus forte baisse était enregistrée par ABB (-2,4%), alors que les analystes de Barclays ont relevé à "equal weight", contre "underweight" précédemment, la recommandation du titre de la société. L'objectif de cours a également été réhaussé.

Sur le marché élargi, Polypeptide (+4,0%) devrait avoir la faveur des investisseurs. Selon une dépêche publiée vendredi soir par l'agence Bloomberg, des sociétés d'investissement comme EQT, KKR et Advent International envisagent un rachat de l'entreprise zougoise.

Sulzer (-3,4%) a enregistré des entrées de commandes en nette baisse de 8,6% au premier trimestre à 853 millions de francs suisses.

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