Zurich (awp) - La Bourse suisse avait inversé la tendance positive d'entame de séance, évoluant en terrain négatif vendredi en fin de matinée, à l'instar de ses consoeurs européennes. Les investisseurs jouaient la carte de la prudence, après le plongeon des valeurs technologiques américaines jeudi et les incertitudes quant à la santé réelle du marché du travail américain.

"Un rapport inquiétant du cabinet Challenger est venu au secours des détenteurs d'obligations en révélant que les entreprises américaines ont annoncé en octobre les plus importantes suppressions de postes depuis 2003", en raison de l'ampleur prise par l'intelligence artificielle, a souligné Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.

"La nouvelle n'est pas bonne, les emplois étant remplacés par les machines, comme lorsque internet est arrivé. Mais ce chiffre élevé de suppressions d'emplois a ravivé les espoirs d'une baisse des taux d'intérêt de la Fed en décembre", a-t-elle poursuivi.

La Réserve fédérale qui devra se passer de la publication du taux de chômage américain en octobre, initialement prévue cet après-midi, pour ajuster sa politique monétaire. Et ce en raison du shutdown, qui "a atteint son 37ème jour, nouveau record absolu", a relevé John Plassard chez Cité Gestion.

Les investisseurs pourront se rabattre sur l'estimation préliminaire de la confiance des consommateurs en novembre, provenant de l'Université du Michigan.

Le cours de l'or se maintenait au-dessus des 4000 dollars l'once, à 4006,98 dollars.

Au chapitre macroéconomique, les exportations allemandes ont rebondi plus que prévu en septembre, tirées par les échanges avec les États-Unis. En France, le déficit commercial a atteint 6,1 milliards d'euros en septembre contre 5,8 milliards en août.

En Suisse, les réserves de devises de la Banque nationale suisse (BNS) ont enregistré une baisse en octobre de 2,00 milliard de francs suisses (-0,3%). Selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), le moral des consommateurs, aussi pour le mois dernier, a stagné en zone largement négative.

Vers 10h55, le SMI perdait 0,24% à 12'269,55 points. Le SLI se débarrassait de 0,25% à 2005,92 points et le SPI de 0,24% à 16'953,31 points. Sur les trente valeurs vedettes, seules douze progressaient, ABB faisait du surplace et 17 s'enfonçaient.

Swatch Group prenait la tête des échanges (+2,6%), distançant son concurrent horloger Richemont (+0,2%).

Logitech (+1,1%) et Swisscom (+1%) complétaient le podium. Research Partners a relevé l'objectif de cours du géant bleu à 595 francs suisses, contre 520 francs suisses, estimant que l'intégration de Vodafone Italia se déroule comme prévu et que la réduction de la dette progresse également.

Parmi les poids lourds, seul Roche gardait la tête hors de l'eau (+0,3%), quand ses comparses Novartis (-0,2%), Nestlé et UBS (-0,8% chacun) pesaient sur l'indice. Oddo BHF a marginalement relevé l'objectif de cours de la banque aux trois clés.

Sandoz (-1,6%) fermait la marche.

Sur le marché élargi, Coltene s'envolait de 9,8%. Kepler Cheuvreux a entamé la couverture à "buy" avec un objectif de cours à 57 francs suisses, saluant la stratégie ambitieuse du groupe pour les années 2025 à 2027.

BKW perdait 5,3%. UBS a abaissé jeudi la recommandation du bernois à "neutral", contre "buy" et raboté l'objectif de cours à 185 francs suisses, après 190 francs suisses.

Stadler (-2,4%) voit un contrat de 2 milliards de francs suisses lui passer sous le nez. Le groupe thurgovien a publiquement regretté le choix des CFF de confier à son concurrent allemand Siemens Mobility le soin de leur fournir 116 rames.

Mobimo (+0,1%) a présenté un nouveau président, en la personne de Markus Schürch.

ck/jh/ib/fr