Zurich (awp) - La Bourse suisse a débuté la séance de vendredi dans le rouge, dans la foulée d'une clôture en berne à Wall Street. Quant aux droits de douane américains frappant la Suisse, les investisseurs devront aussi prendre leur mal en patience, aucune annonce n'ayant été faite lors de la visite de Guy Parmelin aux Etats-Unis. Le géant du luxe Richemont, dont le patron était allé, lui, discuter avec Donald Trump dans le bureau ovale, prenait largement la tête des échanges.

"Ce qui a probablement entraîné la vague de ventes d'hier, c'est la prise de conscience croissante qu'aucune série complète de données sur l'emploi et l'inflation ne sera disponible avant la réunion de décembre de la Réserve fédérale", a commenté Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. "Si tel est le cas, et si la Fed conserve un minimum d'indépendance et de raison, elle ne coupera pas dans les taux aveuglément".

Outre-Atlantique, la publication de l'indice des prix à la production PPI et des ventes au détail en octobre est prévue.

En France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,9% sur un an en octobre.

De ce côté-ci du Jura, le ministre de l'Economie Guy Parmelin s'est contenté de dire qu'il a "eu une très bonne discussion" avec les autorités américaines dans l'espoir d'abaisser les droits de douane frappant les produits suisses à hauteur de 39%. Selon le conseiller fédéral, des points restent à "clarifier" et ce n'est qu'à ce moment-là que "de plus amples informations seront communiquées".

Vers 09h10, le Swiss Market Index (SMI) perdait 0,35% à 12'695,18 points, après avoir clôturé sur un recul de 0,41% à 12740,91 points. Le Swiss Leader Index (SLI) se délestait de 0,69% à 2061,19 points et le Swiss Performance Index (SPI) de 0,42% à 17471,99 points. Sur les trente valeurs vedettes, seules deux faisaient figure de rescapées quand 28 perdaient du terrain.

Richemont s'envolait de 7,8%. Le genevois a vu son bénéfice net quasiment quadrupler au premier semestre de son exercice décalé 2025/2026 (clos fin septembre), atteignant 1,81 milliard d'euros. Au deuxième trimestre, le géant du luxe a vu ses ventes rebondir en particulier en Chine et dans le segment horloger.

Swatch Group se glissait juste derrière, entraîné par le genevois. Le biennois gagnait 2,4%.

Givaudan limitait la casse (-0,1%) tout comme le poids lourd Nestlé (-0,1%), qui distançait ses compagnons Novartis (-0,7%) et Roche (-0,9%).

Geberit n'échappait pas à la tendance du jour (-0,9%). Citigroup a relevé l'objectif de cours à 650 francs suisses, contre 600 francs suisses précédemment, estimant que dans l'ensemble, le groupe s'en sort mieux en termes de croissance des volumes que ses concurrents.

Le gestionnaire de fortune Julius Bär (-1,7%) a annoncé la nomination de Marc Blunier et Alain Krüger comme co-directeurs des activités helvétiques au 1er janvier. La banque UBS s'enfonçait de 2,2%.

Swiss Re buvait la tasse (-3,8%). Le réassureur a pourtant presque doublé son bénéfice net à 4,04 milliards sur les neuf premiers mois de l'année, grâce à une sinistralité moindre.

Lanterne rouge, Sonova (-4,5%) a vu son bénéfice fondre de 9,2% à 192,3 millions de francs suisses sur les six premiers mois de son exercice décalé. Le chiffre d'affaires s'est de son côté étiolé de 1,0%.

Sur le marché élargi, Cosmo Pharmaceuticals (-1,4%) a obtenu le feu vert des autorités sanitaires brésiliennes (ANVISA) pour la commercialisation du Winlevi (clascotérone) utilisé dans le traitement de l'acné.

ats/ck