Genève (awp) - La Bourse suisse a débuté la séance en baisse jeudi, dans le sillage des places mondiales bousculées par une nouvelle flambée du pétrole qui ravive les craintes inflationnistes. Les investisseurs scrutaient également un agenda macroéconomique bien garni, avec notamment la décision de la BCE attendue dans l'après-midi.
Après que les Etats-Unis ont évoqué la perspective d'un blocus prolongé des ports iraniens, l'or noir a dépassé les 125 dollars, des niveaux inédits en quatre ans. A 09h12, le baril de Brent grimpait de 3,63% à 122,32 dollars et le WTI de 1,5% à 108,48 dollars.
"Le conflit au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'apaisement, éclipsant même les solides résultats des géants technologiques américains", relève John Plassard de Cité Gestion. L'expert décrit "un environnement de marché de plus en plus instable et dépendant des chocs énergétiques".
Même constat pour sa consoeur de Swissquote Ipek Ozkardeskaya, qui note en outre que cette hausse continue des prix de l'énergie "fait grimper les anticipations d'inflation et met les banques centrales de plus en plus mal à l'aise".
"La stagflation crée désormais l'effroi et plane comme une épée de Damoclès, soit un cocktail toxique composé d'une explosion des prix de l'essence, d'un effondrement de la consommation et d'une inflation qui s'enracine obstinément", pointe Frank Sohlleder d'ActivTrades.
Reflet de ce malaise, la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a comme prévu laissé maintenu ses taux inchangés a laissé transparaître des divergences au sein de ses membres, trois d'entre eux rejetant la formulation officielle de la stratégie future. Un événement "inhabituel", "sans précédent", soulignent les analystes.
Dans l'après-midi, ce sera au tour de la Banque centrale européenne (BCE) de rendre sa décision, en principe de statu quo, sur les taux.
Au plan macroéconomique, en France le PIB est resté stable au premier trimestre, tandis que l'inflation a augmenté à 2,2% en avril. Sont attendus encore le PIB au premier trimestre et l'inflation en avril dans la zone euro, ainsi que la croissance américaine sur les trois premiers mois de l'année.
En Suisse, le baromètre conjoncturel du KOF se révèle un peu plus optimiste pour l'économie suisse en avril, à 97,9 points (+2,3%).
Amrize bon dernier
A 09h16, le SMI reculait de 0,64% à 12'947,98 points, le SLI de 0,81% à 2069,38 points et le SPI de 0,57% à 18'290,99 points.
Sur les trente valeurs vedettes, Logitech (+,3%) et la défensive Swisscom (+0,5%) faisaient figure de rescapés, toutes les autres évoluant dans le rouge.
Amrize, qui publiera ses chiffres trimestriels dans l'après-midi, prenait l'eau (-6,0%), tombant dans le fond du tableau.
Partners Group perdait aussi passablement de terrain, tout comme UBS (-1,7%), au lendemain de la publication de résultats au premier partiel meilleurs qu'attendu. L'attention reste toutefois rivée sur les discussions parlementaires autour des nouvelles exigences en matière de fonds propres pour la grande banque.
Les autres poids lourds lestaient également l'indice, dans une moindre mesure, Nestlé reculant de 0,6%, Novartis perdant 0,2% et le bon Roche 0,1%.
Lindt reculait de 0,3%. Le chocolatier industriel a agendé au 4 mai le lancement de son nouveau programme de rachat d'actions pour un milliard de francs suisses.
Sur le marché élargi, Oerlikon grimpait de 3,1% après des ventes au premier partiel en repli sous l'effet du franc fort, principalement. Le groupe industriel schwytzois a toutefois confirmé ses objectifs.
Santhera (-0,3%) a désigné Srishti Gupta comme nouvelle membre de son conseil d'administration. Ce médecin de profession est mieux connue en Suisse comme l'éphémère directrice générale du laboratoire en difficultés Idorsia,
VAT (-1,0%), BKW (-1,3%) et Autoneum (-3,4%) perdaient du terrain, traités hors dividende.
Newron (-6,1%) plongeait, au lendemain de l'annonce de la suspension d'une étude sur la schizophrénie, après le décès d'un patient.
rr/lf

















