Zurich (awp) - La Bourse suisse a ouvert en baisse lundi matin, pénalisée par le retournement de tendance sur l'intelligence artificielle et la reprise des affrontements au Moyen-Orient. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) va donner le coup d'envoi des annonces de politique monétaires, suivie quelques jours plus tard par la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque nationale suisse (BNS).
Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs du président américain Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Ces nouveaux affrontements faisaient flamber les cours du pétrole, le Brent montant de 4,95% à 97,69 dollars et le WTI de 4,54% à 94,65 dollars.
Le secteur de l'IA a également tiré à la baisse, vendredi en clôture, les indices américains et ce lundi matin les marchés asiatiques. "Après plusieurs semaines de hausse, le secteur technologique a subi vendredi un revers brutal", ont commenté les analystes de LBBW.
"Les marchés à terme anticipent désormais pleinement une hausse des taux de la Fed d'ici la fin de l'année" et ce resserrement de politique monétaire "pèse non seulement sur les actions de croissance fortement valorisées, mais aussi sur les actifs sensibles aux taux d'intérêt", ont souligné les experts de la banque régionale allemande.
Pour John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à la banque Cité Gestion, "le rapport sur l'emploi américain (publié vendredi) a montré une économie beaucoup plus robuste que prévu avec 172'000 créations de postes en mai, contre seulement 85'000 attendues". "Les investisseurs ont immédiatement compris qu'un marché du travail aussi solide réduisait fortement la probabilité d'une baisse rapide des taux de la Réserve fédérale."
Sans le soutien de Roche
Vers 09h10 à la Bourse suisse, l'indice vedette SMI reculait de 0,74% à 13'288,40 points, après avoir clôturé vendredi en hausse de 0,35%. Le SLI perdait 0,86% à 2117,75 points et le SPI baissait de 0,77% à 18'780,98 points.
La vaste majorité des valeurs vedettes a démarré la séance dans le rouge. Parmi les rares exceptions figuraient Lindt (+0,5%), Givaudan (+0,5%) et Swisscom (+0,4%). Le géant des arômes et parfums profitait d'un relèvement à l'achat, contre vendre précédemment, par Goldman Sachs, qui a également réhaussé l'objectif de cours.
Les plus fortes baisses étaient par contre enregistrées par VAT Group (-2,6%), Logitech (-2,4%) et Partners Group (-2,4%). Le gestionnaire d'actifs zougois poursuivait son chemin de croix, après avoir limité les remboursements pour plusieurs de ses fonds. Les déclarations du patron dans la presse dominicale, promettant une communication "plus active", ne semblaient pas aider à redresser la barre.
Roche (-0,5%) reculait également. Le mastodonte pharmaceutique bâlois a déboursé 700 millions de dollars pour s'associer aux recherches de son modeste homologue californien Nurix Therapeutix sur le bexobrutideg, voire à sa commercialisation.
Sur le marché élargi, Temenos (-1,1%) a renforcé son activité dans le domaine de la gestion de fortune et les solutions intégrant l'IA avec le rachat, pour un montant non dévoilé, du zurichois additiv.
Kardex (-17,5%) s'effondrait. L'équipementier d'entrepôts a lancé un avertissement sur résultats pour le premier semestre 2026, assorti d'une modération de son ambition en matière de rentabilité pour l'ensemble de l'exercice. Le groupe zurichois reconduit néanmoins sa feuille de route à plus long terme.
Matador Secondary Private Equity va par ailleurs faire son entrée à la Bourse suisse à compter du 15 juin.
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