Zurich (awp) - La Bourse suisse continuait à céder ses gains lundi matin, sous pression du retournement de tendance dans l'intelligence artificielle, la reprise des affrontements au Moyen-Orient et la hausse des cours du pétrole. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) va donner le coup d'envoi des annonces de politique monétaires, suivie quelques jours plus tard par la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque nationale suisse (BNS).
Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par la République islamique en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs du président américain Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Ces nouveaux affrontements faisaient flamber les cours du pétrole, le Brent montant de 4,46% à 97,28 dollars et le WTI de 4,37% à 94,50 dollars.
Le secteur de l'IA pesait également sur les marchés. "Après plusieurs semaines de hausse, le secteur technologique a subi vendredi un revers brutal", ont commenté les analystes de LBBW.
"Les marchés à terme anticipent désormais pleinement une hausse des taux de la Fed d'ici la fin de l'année" et ce resserrement de politique monétaire "pèse non seulement sur les actions de croissance fortement valorisées, mais aussi sur les actifs sensibles aux taux d'intérêt", ont souligné les experts de la banque régionale allemande.
La solidité du marché de l'emploi aux Etats-Unis met en effet à mal les attentes de baisse des taux. "Une activité économique beaucoup trop soutenue aux Etats-Unis attise les craintes d'une inflation tenace et anéantit complètement tout espoir d'une baisse prochaine des taux d'intérêt par la Fed", a averti Frank Sohlleder, analyste d'Activtrades.
Kardex à bout de souffle
Vers 10h40 à la Bourse suisse, l'indice vedette SMI reculait de 0,70% à 13'294,50 points, après avoir ouvert en baisse de 0,72%. Le SLI perdait 0,81% à 2118,80 points et le SPI abandonnait 0,82% à 18'775,36 points.
La vaste majorité des valeurs vedettes restait dans le rouge. Parmi les rares exceptions figuraient toujours Lindt (+0,6%), Swisscom (+0,4%) et Givaudan (+0,4%). Le géant des arômes et parfums profitait d'un relèvement à l'achat, contre vendre précédemment, par Goldman Sachs, qui a également réhaussé l'objectif de cours.
Les plus fortes baisses étaient désormais enregistrées par Sika (-2,1%), Richemont (-1,9%) et Sonova (-1,7%).
Partners Group (-0,7%) réduisait ses pertes. Le gestionnaire d'actifs zougois était en difficultés, après avoir limité les remboursements pour plusieurs de ses fonds. Les déclarations du patron dans la presse dominicale, promettant une communication "plus active", ne semblaient pas vraiment aider à redresser la barre.
Roche (-0,5%) reculait également. Le mastodonte pharmaceutique bâlois a déboursé 700 millions de dollars pour s'associer aux recherches de son modeste homologue californien Nurix Therapeutics sur le bexobrutideg, voire à sa commercialisation.
Sur le marché élargi, Temenos (-1,2%) a renforcé son activité dans le domaine de la gestion de fortune et les solutions intégrant l'IA avec le rachat, pour un montant non dévoilé, du zurichois additiv.
Kardex (-13,5%) s'effondrait. L'équipementier d'entrepôts a lancé un avertissement sur résultats pour le premier semestre 2026, assorti d'une modération de son ambition en matière de rentabilité pour l'ensemble de l'exercice. Le groupe zurichois reconduit néanmoins sa feuille de route à plus long terme.
Matador Secondary Private Equity va par ailleurs faire son entrée à la Bourse suisse à compter du 15 juin.
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