Genève (awp) - La Bourse suisse confortait quelque peu ses gains en fin de matinée jeudi, à l'instar de ses homologues européennes, tandis que les prix du pétrole refluaient. La prudence reste toutefois de mise après de nouvelles frappes en Iran et avant une remontée - attendue - des taux par la BCE dans l'après-midi.

"Dans ce climat de volatilité accrue, personne ne se précipite pour acheter la baisse", observe John Plassard, associé chez Cité Gestion. "La situation au Moyen-Orient reste tendue et opaque", commente Andreas Lipkow chez CMC Markets.

Les Etats-Unis ont mené jeudi à l'aube de nouveaux bombardements contre l'Iran, qui a annoncé des ripostes et promis de prendre pour cible tous les navires s'aventurant dans le détroit d'Ormuz. Après une brève remontée, le pétrole refluait toutefois, le baril de Brent perdant vers 10h50 1,06% à 92,11 dollars et le WTI 1,06% à 89,07 dollars.

Le blocage à Ormuz, doublé d'une diminution des stocks de brut "qui servent aujourd'hui de tampon à la crise", note John Plassard, attise les craintes inflationnistes. Publié la veille, l'indice américain des prix à la consommation (CPI) en mai révélait une accélération, certes attendue, mais néanmoins nette du renchérissement, depuis le déclenchement du conflit.

"Ces chiffres étaient globalement déjà anticipés par les marchés et auraient pu apporter un certain soulagement aux investisseurs si les tensions au Moyen-Orient ne s'étaient pas intensifiées", commente Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. De nouveaux indicateurs sur l'emploi et les prix à la production aux États-Unis sont attendus ce jour.

Les regards se braquent avant tout vers la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait, selon toute vraisemblance, initier un relèvement de ses taux pour répondre à l'inflation.

"Ce coup de massue brutal ne fera pas baisser d'un seul centime les prix de l'énergie", avertit Frank Sohlleder chez ActivTrades, craignant que "le piège impitoyable de la stagflation se referme irrémédiablement".

En toile de fond, sur les marchés, "les craintes de bulle dans le secteur technologique atteignaient leur paroxysme", pointe encore Mme Ozkardeskaya, juste avant la plus grande introduction en bourse de tous les temps, celle de SpaceX. "Les investisseurs se débarrassent des valeurs phares de ces dernières semaines, prennent leurs bénéfices et réduisent leur exposition au risque", relève M. Lipkow.

Rouge et vert à parité

Vers 11h00 à la Bourse suisse, le SMI s'enrobait de 0,45% à 13'523,99 points, le SLI prenait 0,33% à 2158,34 points et l'indicateur élargi SPI 0,39% à 19'084,24 points.

Sur les trente principales cotations du Swiss Leader Index, une moitié avançait quand l'autre reculait. Partners Group (-1,7%) avait passé la lanterne rouge à la défensive Swisscom (-1,8%).

Morgan Stanley a abaissé la recommandation du numéro un helvétique des télécommunications à "underweight", contre "overweight" précédemment, tandis que l'objectif de cours a été ramené à 600 francs suisses, contre 720 francs suisses.

A l'exception de Nestlé (-0,1%), les poids lourds soutenaient l'indice, le bon Roche avançant de 0,2% et Novartis, comme UBS, de 0,4%.

Roche s'est vu accorder un statut d'examen prioritaire pour l'utilisation du médicament Tecentriq (atezolizumab) en combinaison avec la chimiothérapie, contre certaines formes du cancer colorectal chez les adultes.

Novartis revendique de son côté le succès d'une étude de phase I/II sur le del-brax, un produit d'Avidity Biosciences développé pour le traitement de la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD).

Sur le marché élargi, Cosmo (+0,7%) prenait de la hauteur. Le laboratoire irlandais d'origine transalpine coté à Zurich annonce le lancement par son partenaire de distribution indien Glenmark Pharmaceuticals, via sa filiale neuchâteloise Speciality, de sa crème contre l'acné Winlevi (clascotérone) en Europe.

Implenia (+2,7%) gagnait aussi du terrain, après avoir annoncé le rachat de Zigmo Engineering, spécialiste allemand du génie civil et de la conception de bâtiments, employant 70 personnes.

Curatis modérait ses gains (+5,8%) après s'être envolé de près de 15% à l'ouverture, à la faveur d'une mise à jour de ses perspectives. Le laboratoire rhénan table désormais sur une cadence de croissance de 40% sur l'exercice en cours, contre au moins 25% précédemment.

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