Zürich (awp) - Ayant entamé la séance en hausse, la Bourse suisse, renouait cependant avec le rouge mercredi à l'approche de la mi-journée et cela pour une 4e séance consécutive. Plus que jamais prudents dans le contexte de l'impasse autour du détroit d'Ormuz, les investisseurs digéraient une nouvelle salve de résultats trimestriels en attendant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) en soirée.
Outre la décision de la Fed, le marché attend la publication des résultats des géants technologiques comme Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms. Dans le même temps, la hausse persistante du pétrole, liée à l'impasse autour du détroit d'Ormuz, commence à remettre en question la résilience des actifs risqués, dans un environnement où le choc d'offre énergétique domine à nouveau, observe John Plassard, associé de la banque Cité Gestion.
Alors que l'explosion des investissements dans l'intelligence artificielle a alimenté la hausse des marchés, les investisseurs ont pu frémir à la lecture d'un article du Wall Street Journal pointant des fragilités chez OpenAI, relate l'expert. Selon le quotidien, la société n'atteint pas ses objectifs internes en termes de revenus et d'utilisateurs, ce qui soulève des doutes sur la soutenabilité de ses dépenses massives.
Sur le marché des hydrocarbure, toujours soumis à une extrême tension, la hausse des prix se poursuivait, les barils de Brent et de WTI progressant mercredi vers 10h30 de plus de 3,5% à respectivement 115,15 et 103,53 dollars. Les investisseurs attendent fébrilement la réponse du président américain Donald Trump à la dernière proposition iranienne, dans un contexte où le blocage reste total sur la question du nucléaire.
Mais au-delà du choc géopolitique, un élément encore plus structurant vient bouleverser l'équilibre du marché: la décision des Émirats arabes unis de quitter l'OPEP, remettant en cause la cohésion même du cartel, poursuit M. Plassard. Avec une production proche de 4 millions de barils par jour et une ambition d'atteindre 5 millions d'ici 2027, cette sortie introduit une incertitude majeure sur la capacité de l'OPEP à stabiliser les prix.
Retour au rouge
A la Bourse suisse, le SMI, après avoir entamé la séance en hausse de 0,37%, a progressivement cédé tous ses maigres gains, l'indice phare pointant peu avant 10h40 à 13'092,09 points, soit un repli de 0,22% . Le SLI se montrait un poil plus résistant, limitant son tassement à 0,07% à 2098,98 points, contrairement à l'indicateur élargi SPI qui lui lâchait 0,35% à 18'472,44 points.
Sur les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, elles n'étaient plus que huit à gagner du terrain, les 22 autres en perdant.
En haut de tableau, le poids lourd bancaire UBS (+4,7%) restait vissé sur la première marche du podium, toujours à la lutte avec VAT Group (+3,9%). Le numéro un bancaire helvétique a vu son bénéfice net décoller de 80% sur un an à 3,0 milliards de dollars entre janvier et fin mars, tirant profit d'une solide activité de la clientèle et d'afflux de capitaux.
Quant au titre de l'équipementier en pompes à vide, il bénéficiait de relèvements d'objectifs de cours de la part d'UBS et Goldman Sachs. Sur la 3e marche du podium provisoire, le gestionnaire de fortune Julius Bär bondissait de 3,7%. Derrière, Straumann gagnait 2,2%. Le spécialiste des implants dentaires a réalisé un chiffre d'affaires de 672,5 millions de francs suisses au premier trimestre 2026, soit une croissance organique de 7,1%, dépassant ainsi le consensus des analystes qui tablaient sur une croissance organique de 6,3% et des revenus de 670 millions.
Le fabricant d'ascenseurs et escaliers mécaniques Schindler (+0,5%) offrait une certaine résistance à l'annonce de la fusion de ses concurrents allemand TKE et finlandais Kone. Le numéro un mondial des arômes et parfums Givaudan (+0,4%) et le producteur d'accessoires et périphériques informatiques Logitech (+0,05%) figuraient encore parmi les gagnants.
Les trois autres poids lourds de la cote pesaient sur les indices. Les deux mastodontes pharmas Roche (-0,7%) et Novartis (-1,1%) ainsi que le numéro un mondial de l'alimentation Nestlé (-1,1%) venant effacer les gains d'UBS.
En fonds de classement, Sandoz Group (-2,3%) réduisait quelque peu ses pertes, sans toutefois lâcher la lanterne rouge, quand bien même le géant des médicaments de substitution a augmenté son chiffre d'affaires au premier trimestre 2026. Il était précédé par le groupe de luxe Richemont (-2,2%) et le gestionnaire d'actifs Partners Group (-2,0%).
Sur le marché élargi, Also s'envolait de 6,8%. Le grossiste en matériel et logiciels informatiques a augmenté ses recettes au premier trimestre 2026, porté par l'activité en plein essor de ses plateformes numériques. La direction a confirmé ses prévisions de rentabilité pour l'ensemble de l'année.
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