Zurich (awp) - La Bourse suisse a terminé dans le rouge jeudi. A l'image de la veille, les investisseurs, qui ont digéré une nouvelle volée de résultats d'entreprises, restent inquiets quant aux valorisations de la tech américaine, notamment, attendant de nouvelles impulsions.
"Le contexte reste marqué par de multiples interrogations: la Fed osera-t-elle abaisser ses taux dès décembre? L'économie américaine montre-t-elle encore les mêmes signes de résistance? Et surtout, les valeurs liées à l'intelligence artificielle pourront-elles continuer à soutenir les indices après des mois d'euphorie boursière?", énumère John Plassard, associé de la banque Cité Gestion.
Après le récent coup de froid, "les craintes concernant les valorisations des grandes entreprises technologiques plombent l'ambiance, même si les résultats continuent d'être solides", note Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. "Le temps reste incertain, les optimistes hésitent, mais les vendeurs à découvert ne sont jamais loin", poursuit l'experte.
L'analyste vedette de la banque de Gland souligne également le regain de volatilité observé après qu'une majorité de la Cour suprême américaine a exprimé ses doutes sur la légalité des droits de douane imposés par le président Donald Trump. "Le gouvernement américain pourrait potentiellement devoir rembourser plus de 100 milliards de dollars à d'autres pays et voir se creuser encore le déficit budgétaire."
A l'agenda macroéconomique, la Banque d'Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 4% jeudi, à une courte majorité, face à la conjoncture économique morose du Royaume-Uni et avant la présentation du budget britannique, qui devrait comprendre des hausses d'impôts. En Allemagne, la production industrielle en septembre a déçu. En Suisse, le taux de chômage a augmenté en octobre de 0,1 point de pourcentage sur un mois, à 2,9%, dû à la morosité conjoncturelle ambiante.
Du côté de Wall Street, les indices s'affichaient aussi dans le rouge vif, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq chutant vers 09h35 locales de respectivement 0,94, 0,98 et 1,64%.
Quant à la Bourse suisse, elle n'a guère fait mieux, tout comme les places européennes. Son indice phare SMI a clôturé sur une perte de 0,52%, glissant sous le seuil des 12'300 points, à 12'298,86 points. Le SLI a lui cédé 0,59% à 2010,74 points et l'indicateur élargi SPI 0,% à 17'01 points. Parmi les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, neuf ont avancé, les 21 autres ayant fléchi.
Côté gagnants, Swisscom (+3,2%) a achevé la séance sur la plus haute marche du podium. L'opérateur historique a signé une performance sur neuf mois supérieure aux attentes des analystes, même s'il continue de pâtir des coûts d'intégration de Vodafone Italia, racheté fin 2024, alors que les synergies mettront encore du temps à déployer tous leurs effets.
Le spécialiste des soins de la peau Galderma Group (+1,1%) s'est installé sur la 2e marche du podium, devant le fournisseur d'équipements sanitaires Geberit (+0,8%) et celui d'accessoires et périphériques informatiques Logitech (+0,5%).
A l'autre bout du spectre, l'assureur Zurich Insurance (-0,4%) s'est bien repris tout au long de la séance, après une performance sur neuf mois mitigée faisant état notamment d'un ralentissement des prix dans l'activité dommages et accidents.
Parmi les quatre poids lourds de la cote, les deux géants pharma Novartis (+0,6%) et Roche (+0,04%) de peu, ont réussi à accrocher le bon wagon, alors que l'alimentaire Nestlé (-0,2%) et la bancaire UBS (-1,3%) ont fini loin derrière.
Le cimentier américain Amrize (-3,6%) a gardé fermement la lanterne rouge. Le titre du groupe issu de la scission du géant Holcim (-1,4%) sera retiré de l'indice MSCI Global Standard fin novembre, ce qui entraînerait des ventes de fonds, notamment. Le groupe d'électrotechnique ABB (-2,2%) a aussi nettement perdu du terrain.
Sur le marché élargi, l'industriel schwytzois aux origines bâloises R&S (-25,9%) a pris un gros bouillon après avoir revu en forte baisse ses objectifs de vente à moyen terme et défini un nouvel indicateur pour la rentabilité, afin de s'adapter à une année 2026 qui sera marquée par d'importants investissements.
L'équipementier bâlois de salles blanches pour l'industrie pharmaceutique Skan (-4,2%) a aussi terminé dans le dur, après avoir raboté ses objectifs de chiffre d'affaires et de bénéfice pour l'exercice en cours.
Adecco a été très recherché (+6,3%). Les détenteurs de capitaux ont salué une robuste performance du spécialiste du placement de personnel au troisième trimestre, compte tenu d'un environnement de marché difficile.
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