Zurich (awp) - La Bourse suisse a terminé dans le rouge jeudi, le SMI ayant graduellement cédé tous ses gains en fin de matinée, marquant ainsi une pause après trois séances achevées en nette hausse cette semaine. Les investisseurs digéraient le vote mettant fin à la paralysie budgétaire à Washington, toujours suspendus à l'espoir d'un règlement du différend douanier entre la Suisse et les Etats-Unis.
Outre Atlantique, Wall Street se repliait nettement, les indices Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq abandonnant respectivement 0,9, 1,2 et 1,89%. Après la levée du "shutdown", les acteurs du marché "restent attentifs aux prochains indicateurs sur l'emploi et au calendrier parlementaire pour le vote final sur le financement fédéral", souligne John Plassard, associé chez Cité Gestion.
"Ils espèrent que les prochaines données américaines clarifieront les intentions de la Réserve fédérale (Fed) pour décembre et puisque les chances d'une baisse en décembre sont d'environ 50-50, toute donnée pourrait faire basculer les attentes dans un sens ou dans l'autre", pointe Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
Reste que le budget provisoire n'est valable que jusqu'au 30 janvier, "le risque d'un nouveau shutdown au début de l'année 2026 est élevé", avec toutefois des conséquences sociales et économiques moins importantes, avertit Thomas Gitzel chez VP Bank. Même point de vue chez IG, pour qui le blocage est certes "reporté, mais pas annulé", étant donné que les problèmes de fond n'ont pas été résolus.
En parallèle, le ministre de l'économie Guy Parmelin est arrivé à Washington jeudi matin pour y rencontrer en soirée (heure suisse) le représentant américain au commerce Jamieson Greer. L'accord devrait ramener les droits de douane américains sur les produits suisses à 15%, comme pour l'UE, au lieu des 39% en vigueur depuis début août, croit savoir Bloomberg.
Un accord sur les droits de douane jeudi est toutefois "plutôt improbable", a précisé le porte-parole du Département fédéral de l'économie (DFE) Markus Spörndli jeudi matin, interrogé par l'agence Keystone-ATS.
A l'agenda macroéconomique, en Suisse, les prix à la production et à l'importation ont reculé en octobre de 0,3% sur un mois et de 1,7% en comparaison annuelle. La croissance britannique, elle, s'essouffle à 0,1% au troisième trimestre, tandis que le taux de chômage a quelque peu augmenté en France au troisième trimestre également. Sont encore attendus la productivité industrielle en zone euro et une mise à jour du bilan de la Fed.
Du côté de la Bourse suisse, le Swiss Market Index (SMI) a clôturé en baisse de 0,41% à 12'740,91 points. L'indice phare avait pourtant entamé la séance dans le vert et touché un plus haut du jour dans la première demi-heure de négoce, avant de céder peu à peu tous ses gains, les pertes s'accélérant légèrement en fin d'après-midi. Le Swiss Leader Index (SLI) a fléchi de manière un peu plus prononcée, soit de 0,53% à 2074,79 points et l'indicateur élargi Swiss Performance index (SPI) de 0,47% à 17'545,05 points.
Sur les trente valeurs constitutives du SLI, seules six sont parvenues à gagner du terrain et 24 en ont perdu, alors que le cimentier américain Amrize a fait du surplace. En haut de tableau, le gestionnaire de fortune Julius Bär (+1,7%) est venu souffler la première place à Swiss Life (+1,6%). L'assureur-vie avait achevé la séance de la veille en fonds de classement, après un compte-rendu sur neuf mois dénué de toute surprise. Berenberg a relevé l'objectif de cours à 939 francs suisses, contre 859 francs suisses précédemment, la recommandation étant maintenue à "buy".
Swiss Re (+1,3%) est venu compléter le podium du jour, le réassureur devant dévoiler vendredi une bonne performance au 3e trimestre, à en croire les analystes.
Longtemps en tête en matinée à la faveur de commentaires d'analystes plutôt élogieux, le numéro un mondial des arômes et parfums Givaudan (+0,4) s'est bien repris en fin séance, pour terminer en 5e position, juste derrière le poids lourd pharma Novartis (+1%).
Les trois autres plus grosses capitalisations de la cote, à savoir le géant pharma Roche (bon -0,2%), le numéro un mondial de l'alimentation Nestlé (-0,7%) et la grande banque UBS (-0,9%) ont pesé sur les indices.
Le groupe de luxe genevois Richemont (-1,6%) a terminé en territoire négatif à la veille de ses résultats au premier trimestre de l'exercice décalé 2025/2026.
A l'autre bout du spectre, l'équipementier de soupapes à vide VAT Group (-3,7%) a fini lanterne rouge, derrière le fabricant d'implants dentaires Straumann (-2,2%) et le géant de l'électrotechnique ABB (-2,2%)
Galderma Group (-1,8%) a aussi peiné. Le spécialiste des soins dermatologiques prévoit d'émettre un emprunt avec échéance 2030. Kühne+Nagel (-1,8%) en a fait tout autant. Morgan Stanley a relevé sa recommandation pour le géant schwytzois de la logistique à "equal weight", contre "underweight" précédemment et ramené l'objectif de cours à 159 francs suisses, contre 184 francs suisses.
Sur le marché élargi, Comet a terminé en forte baisse (-3,7%), réduisant quelque peu ses pertes après un plongeon de près de 7% en début de séance. Le groupe industriel fribourgeois a révisé à la baisse ses objectifs à moyen terme, confronté à des difficultés sur le marché des semi-conducteurs.
Montana Tech s'est effondré (-19,7%) au lendemain de la publication de ses chiffres sur neuf mois. Le sous-traitant de l'industrie aéronautique affiche une augmentation de son chiffre d'affaires et de son bénéfice opérationnel au cours de la période sous revue, précisant que sa transformation en pure entreprise aéronautique est désormais achevée.
Le prestataire de services et conseils informatiques SoftwareOne (+5,9%)a vu ses recettes bondir de 46% au troisième trimestre à 343,2 millions, portées par l'acquisition de Crayon. A périmètre comparable et changes constants, la croissance n'est toutefois plus que de 0,6%.
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