Zurich (awp) - La Bourse suisse devrait démarrer la séance de lundi sur une note légèrement négative, après un mois de guerre au Moyen-Orient. Les déclarations contradictoires entre Washington et Téhéran ne laissent entrevoir aucune fin imminente du conflit, mettant les nerfs des investisseurs à rude épreuve.
Le président américain Donald Trump a assuré entrevoir un "accord" avec les nouveaux dirigeants iraniens, estimant que la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël avait abouti à un "changement de régime". Parallèlement, les spéculations vont bon train sur un possible déploiement de troupes américaines au sol en Iran.
"Au vu des développements ce weekend, une nouvelle phase d'escalade semble se profiler. Des renforts militaires américains sont récemment arrivés dans la région, et depuis samedi, les rebelles houthis yéménites sont officiellement entrés en guerre", a rappelé Sandro Pannagl, analyste à LBBW.
Selon ce dernier, il faut s'attendre à des répercussions sur l'économie mondiale. "Dans notre scénario principal, nous tablons sur une normalisation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz d'ici début mai, mais les dommages causés aux installations énergétiques dans les pays arabes ainsi que les perturbations des chaînes d'approvisionnement continueront de se faire sentir pendant des mois, même si la guerre prend fin rapidement".
Pour John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à la banque Cité Gestion, "les marchés semblent désormais intégrer un scénario de pertes hebdomadaires répétées, dans un environnement où chaque nouvelle escalade renforce la probabilité d'un régime de marché plus instable et plus exigeant".
"Loin d'un scénario de stabilisation, le marché doit désormais intégrer l'hypothèse d'un conflit plus long, plus diffus et potentiellement plus imprévisible avec un risque géopolitique qui devient structurel", a ajouté l'expert de la banque genevoise.
Roche dévoile une nouveauté
Vers 08h15 à la Bourse suisse, l'indice vedette SMI se préparait à ouvrir en baisse de 0,40% à 12'520,00 points, selon les indications avant-Bourse compilées par la banque Julius Bär. Vendredi, il avait clôturé la séance en repli de 0,57%, mais sur une progression hebdomadaire de 2,02%.
La quasi-totalité des valeurs vedettes devrait ouvrir dans le rouge, à l'exception de Roche (+0,1%) qui a ajouté une fonctionnalité combinée à son dispositif de dépistage Cobas.
Les deux autres poids lourds de la cote Novartis (-0,4%) et Nestlé (-0,4%) reculaient par contre.
La plus forte baisse était enregistrée par Richemont (-0,5%). Les analystes de HSBC et d'UBS ont abaissé l'objectif de cours du géant du luxe, mais confirmé leur recommandation à l'achat.
Sur le marché élargi, SIG Group (+1,1%) dénotait, profitant d'un relèvement d'objectif de cours par Kepler Cheuvreux qui a confirmé sa recommandation à "hold".
Tecan (+0,6%) a annoncé la nomination d'une nouvelle directrice financière.
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