Genève (awp) - La Bourse suisse ouvrait avec peu d'entrain jeudi, à l'instar de ses homologues européennes, plombées par de nouvelles frappes en Iran. Les investisseurs anticipent en outre une remontée des taux par la BCE dans l'après-midi.
"Dans ce climat de volatilité accrue, personne ne se précipite pour acheter la baisse", observe John Plassard, associé chez Cité Gestion.
Les Etats-Unis ont mené jeudi à l'aube de nouveaux bombardements contre l'Iran, qui a annoncé des ripostes et promis de prendre pour cible tous les navires s'aventurant dans le détroit d'Ormuz. Ce regain de tensions a fait remonter les prix du pétrole, qui oscillent toutefois toujours sous le seuil des 100 dollars. Vers 09h10, le baril de Brent grimpait de 0,13% à 93,22 dollars et le WTI de 0,19% à 90,20 dollars.
Le blocage à Ormuz, doublé d'une diminution des stocks de brut "qui servent aujourd'hui de tampon à la crise", note John Plassard, ravive les craintes inflationnistes. Publié la veille, l'indice américain des prix à la consommation (CPI) en mai révélait une accélération, certes attendue, mais néanmoins nette du renchérissement, depuis le déclenchement du conflit.
"Ces chiffres étaient globalement déjà anticipés par les marchés et auraient pu apporter un certain soulagement aux investisseurs si les tensions au Moyen-Orient ne s'étaient pas intensifiées", commente Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
Les regards se tournent désormais vers la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait, selon toute vraisemblance, initier un relèvement de ses taux pour répondre à l'inflation.
"Ce coup de massue brutal ne fera pas baisser d'un seul centime les prix de l'énergie", avertit Frank Sohlleder chez ActivTrades, craignant que "le piège impitoyable de la stagflation se referme irrémédiablement".
En toile de fond, sur les marchés, "les craintes de bulle dans le secteur technologique atteignaient leur paroxysme", pointe encore Mme Ozkardeskaya, juste avant la plus grande introduction en bourse de tous les temps, celle de SpaceX.
Peu d'élan
Vers 09h25, le SMI avançait de 0,17% à 13'486,48 points, tandis que le SLI grappillait 0,04% à 2152,11 points et le SPI 0,16% à 19'041,80 points.
Sur les trente principales cotations, seize reculaient et quatorze avançaient. Partners Group (-1,9%), Geberit (-1,8%) et Swisscom (-1,7%) occupaient le bas du tableau.
Morgan Stanley a abaissé la recommandation de Swisscom à "underweight", contre "overweight" précédemment, tandis que l'objectif de cours a été ramené à 600 francs suisses, contre 720 francs suisses.
Les poids lourds quant à eux soutenaient l'indice, le bon Roche avançant de 0,3%, Nestlé UBS et Novartis de 0,1% chacun.
Roche s'est vu accorder un statut d'examen prioritaire pour l'utilisation du médicament Tecentriq (atezolizumab) en combinaison avec la chimiothérapie, contre certaines formes du cancer colorectal chez les adultes.
Novartis revendique de son côté le succès d'une étude de phase I/II sur le del-brax, un produit d'Avidity Biosciences développé pour le traitement de la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD).
Sur le marché élargi, Implenia (+1,5%) gagnait du terrain, après avoir annoncé le rachat de Zigmo Engineering, spécialiste allemand du génie civil et de la conception de bâtiments, employant 70 personnes.
Cosmo (+2,3%) prenait aussi de la hauteur. Le laboratoire irlandais d'origine transalpine coté à Zurich annonce le lancement par son partenaire de distribution indien Glenmark Pharmaceuticals, via sa filiale neuchâteloise Speciality, de sa crème contre l'acné Winlevi (clascotérone) en Europe.
Curatis s'envolait de 14,7% à la faveur d'une mise à jour de ses perspectives. Le laboratoire rhénan table désormais sur une cadence de croissance de 40% sur l'exercice en cours, contre au moins 25% précédemment.
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