Zurich (awp) - La Bourse suisse continuait d'évoluer dans le rouge vendredi à l'approche de la fin de matinée. Richemont brillait de toutes ses forces, quasi seule rescapée dans la morosité ambiante. Les investisseurs eux se demandaient comment la Réserve fédérale va agir au mois de décembre, en étant privée de données clés sur la santé de l'économie américaine.

Ce qui a probablement fait plonger Wall Street en clôture jeudi, "c'est la prise de conscience croissante qu'aucune série complète de données sur l'emploi et l'inflation ne sera disponible avant la réunion de décembre de la Réserve fédérale", a commenté Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. "Si tel est le cas, et si la Fed conserve un minimum d'indépendance et de raison, elle ne coupera pas dans les taux aveuglément" lors de sa réunion les 9 et 10 décembre.

"Après le shutdown, c'est encore le shutdown" a commenté de son côté Thomas Gitzel de VP Bank. "Comme le budget provisoire n'est valable que jusqu'au 30 janvier, le risque est grand d'une nouvelle paralysie budgétaire au début 2026". Les conséquences seraient toutefois moins importantes, selon l'expert.

Le ministre de l'Economie Guy Parmelin est semble-t-il ressorti bredouille de ses réunions avec les autorités américaines, menées dans l'espoir d'abaisser les droits de douane frappant les produits suisses à hauteur de 39%. Il a assuré avoir "eu une très bonne discussion", même si des points restent à "clarifier" et ce n'est qu'à ce moment-là que "de plus amples informations seront communiquées".

Vers 10h55, le Swiss Market Index (SMI) perdait 0,55% à 12'670,88 points. Le Swiss Leader Index (SLI) se délestait de 0,82% à 2057,82 points et le Swiss Performance Index (SPI) de 0,64% à 17'432,78 points. Sur les trente valeurs vedettes, seules deux gardaient la tête hors de l'eau, emmenées par Richemont, quand 28 perdaient du terrain.

Richemont poursuivait sa course folle, en bondissant de 7,1%. Le genevois a vu son bénéfice net quasiment quadrupler au premier semestre de son exercice décalé 2025/2026 (clos fin septembre), atteignant 1,81 milliard d'euros. Si les surtaxes américaines ont pesé à hauteur de 50 millions d'euros (soit 46,2 millions de francs suisses) sur la performance des six premiers mois de l'exercice, le président du conseil d'administration du groupe Johann Rupert part "toutefois du principe que ces droits de douane seront abaissés, c'est évident".

Swatch Group avait quitté la roue du genevois, glissant dans le rouge. Le biennois reculait de 1,2%.

Sika en revanche s'accrochait, gagnant 0,3%.

Logitech limitait la casse (-0,3%). Oddo BHF a entamé la couverture à "outperform" du fabricant de souris et claviers, avec un objectif de cours à 115 francs suisses.

Le poids lourd Nestlé perdait 0,6%, distançant ses compagnons Roche (-0,9%) et Novartis (-1%).

Geberit n'échappait pas à la tendance du jour (-0,9%). Citigroup a relevé l'objectif de cours à 650 francs suisses, contre 600 francs suisses précédemment, estimant que dans l'ensemble, le groupe s'en sort mieux en termes de croissance des volumes que ses concurrents.

Le gestionnaire de fortune Julius Bär (-2%) a annoncé la nomination de Marc Blunier et Alain Krüger comme co-directeurs des activités helvétiques au 1er janvier. La banque UBS s'enfonçait de 2,4%.

Swiss Re buvait la tasse (-3,2%). Le réassureur a pourtant presque doublé son bénéfice net à 4,04 milliards sur les neuf premiers mois de l'année, grâce à une sinistralité moindre.

Encore lanterne rouge, Sonova (-3,8%) a vu son bénéfice fondre de 9,2% à 192,3 millions de francs suisses sur les six premiers mois de son exercice décalé.

Sur le marché élargi, Cosmo Pharmaceuticals (+0,2%) a obtenu le feu vert des autorités sanitaires brésiliennes (ANVISA) pour la commercialisation du Winlevi (clascotérone) utilisé dans le traitement de l'acné.

Swiss Marketplace Group (-3,7%) a étoffé son portefeuille en rachetant les activités helvétiques de la plateforme en ligne allemande Immoverkauf24. Aucun montant n'a été dévoilé.

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