Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes profitaient mercredi d'un désamour pour les actions américaines liées à la tech ou l'IA, après qu'Anthropic a ravivé les craintes de disruption du secteur.
La Bourse de Paris a clos en forte hausse de 1,01% et celle de Milan a gagné 0,47%. Londres (+0,85%) a même connu un plus haut historique en séance (10'481,54 points) et a battu de nouveau un record à la clôture (10'402,34 points), deux jours après un précédent pic.
Les Bourses de Stockholm et d'Helsinki ont également connu mercredi des plus hauts historiques en séance.
Dans le même temps, à New York, le Nasdaq, composé de beaucoup de titres liés au secteur de la tech, reculait fortement de 2,34% vers 17H40 GMT. L'indice élargi S&P 500 baissait lui aussi fortement, de 1,04%, quand le Dow Jones, davantage tourné vers les valeurs industrielles et moins lié aux nouvelles technologies progressait de 0,62%.
En cause: l'annonce mardi soir par Anthropic, l'entreprise derrière le modèle de langage Claude, d'un nouvel outil d'IA conçu pour traiter les tâches juridiques.
La nouvelle a ravivé les craintes des éditeurs de logiciels que l'intelligence artificielle puisse rendre "leur modèle économique moins lucratif", analyse auprès de l'AFP Amélie Derambure, gérante de portefeuille diversifié chez Amundi.
Les acteurs de l'intelligence artificielle n'en profitaient pas pour autant, car les interrogations latentes "autour de leur rentabilité" sont toujours aussi fortes, ajoute Amélie Derambure.
L'action du géant Nvidia, très liée à l'IA, perdait ainsi 2,82% vers 17H45 GMT, et celle d'Amazon 0,78%. L'américain AMD chutait de près de 16%, en dépit de résultats meilleurs qu'attendu, le marché sanctionnant sévèrement des prévisions jugées trop timides pour 2026. Ailleurs à la cote, Uber abandonné 3,17% après des résultats inférieurs aux attentes du marché.
A Francfort, dont l'indice phare, le Dax, a terminé en repli de 0,72%, SAP, éditeur de logiciels allemand et poids lourd de l'indice, a clos en baisse de 0,31%.
A Amsterdam, ASML, qui vend des machines de pointe pour la fabrication de semi-conducteurs, a fini en baisse de 4,18%, et à Paris, les entreprises d'informatique Capgemini et Atos ont clos respectivement à -2,34% et -4,07%.
Dans ce contexte, les résultats d'Alphabet, la maison mère de Google, prévus après la clôture américaine, seront scrutés de près.
Vents contraires dans la pharma
Plusieurs grosses entreprises du secteur pharmaceutique ont annoncé des résultats qui ont positivement surpris, comme l'américain Eli Lilly (+9,47% vers 17H45 GMT), qui a connu un bond inattendu de ses bénéfices au dernier trimestre 2025.
Pareillement, à Londres, le laboratoire GSK (+6,91% à la clôture) a profité de l'annonce de ventes supérieures aux attentes.
A l'inverse, le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk a chuté de 17,17% à Copenhague. Il avait annoncé mardi soir qu'il prévoyait un recul de 5% à 13% de ses ventes en 2026, à changes constants, en raison de la baisse des prix de ses traitements contre l'obésité aux Etats-Unis.
L'inflation baisse, la BCE rassurée
L'inflation a ralenti en janvier dans la zone euro, s'affichant à 1,7% sur un an contre 1,9% en décembre, en raison d'un recul des prix de l'énergie, selon la première estimation mensuelle publiée mercredi par Eurostat.
Cette baisse survient à la veille de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait malgré tout laisser ses taux inchangés.
Sur le marché des changes, la monnaie européenne était en légère baisse (-0,19%) face au billet vert, à 1,1797 dollar pour un euro.
L'argent se redresse
L'argent a continué de rebondir mercredi après son plongeon de la semaine passée. Vers 17H30 GMT, il gagnait 1,80% à 86,69 dollars l'once, quand l'or continuait de baisser, perdant 0,57% à 4918,65 dollars l'once (31,1 g).
Du côté du marché pétrolier, peu de mouvement: le baril de WTI nord-américain reculait de 0,17% à 63,10 dollars et celui de Brent de la mer du Nord était stable (+0,01%),à 67,34 dollars.
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