Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales vont de l'avant vendredi, dans une séance marquée par des records en clôture en Europe, tandis que Wall Street restait imperturbable après la publication d'un rapport sur le marché de l'emploi aux Etats-Unis en décembre jugé en demi-teinte par les investisseurs.

Ces records en Europe sont alimentés "par un secteur des semi-conducteurs recherché en ce début d'année, en lien avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA), mais aussi à surperformance de la défense, la géopolitique ayant rejailli avec le sujet Maduro", explique Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.

L'indice vedette parisien CAC 40 a terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant son dernier record en clôture qui datait du 21 octobre. Il a signé un nouveau record en clôture, à 8.362,09 points.

Le Dax de la Bourse de Francfort a terminé en hausse de 0,53%, battant lui aussi son pic historique (à 25.261,64 points), atteint la veille, tout comme le FTSE 100 de Londres qui a clôturé en progression de 0,80% (à 10.124,60 points), dépassant son record du 6 janvier. En Suisse, le SMI a progressé de 0,53%.

Depuis le début de l'année, ASML a déjà gagné 20,09%, ASM International 17,39%, BE Semiconductor Industries 12,97%, Infineon 10,12% et STMicroelectronics 10,05%.

Du côté de la défense, les six premières séances boursières de 2026 ont permis à Saab de s'envoler de près de 30% déjà, Hensoldt a bondi de près de 25%, Rheinmetall de 21,72%, BAE Systems de 20,54% ou encore Leonardo, qui a gagné 18,96%.

A la Bourse de Paris, "le luxe joue un rôle en particulier", le secteur pesant lourd dans la pondération de l'indice vedette CAC 40. "Une recommandation d'analyste positive pour L'Oréal a fait office d'élément déclencheur", le titre du géant des cosmétiques français s'étant envolé de 6,32% sur cette séance et a emporté avec lui les autres valeurs du secteur, explique le gérant. Hermès a ainsi gagné 3,74%, LVMH 2,77% et Kering 2,45%.

L'emploi américain accueilli sans remous

Le rendez-vous économique principal de la séance, mais aussi de la semaine, a été la publication du rapport sur le marché de l'emploi en décembre aux États-Unis.

Ces données sont toujours très attendues dans la mesure où elles pèsent lourd dans les décisions de politique monétaire de la puissante banque centrale américaine (Fed).

Or, "ce rapport sur l'emploi a offert des éléments pour convenir à tous les profils d'investisseurs", autrement dit, ces données ont permis à chacun de trouver des éléments de satisfaction, commente Kathleen Brooks, analyste de XTB.

A la Bourse de New York, l'indice élargi S&P 500 prenait 0,61% vers 17H20 GMT, le Nasdaq 0,71% et le Dow Jones 0,54%.

La première puissance économique du monde a créé 50.000 emplois le mois dernier, soit moins que les attentes du marché (73.000), tandis que le taux de chômage a reculé par rapport à novembre, à 4,4%.

"Les États-Unis restent dans un environnement de faibles embauches et de faibles licenciements. Cela ne fait que confirmer qu'une baisse des taux de la Fed le 28 janvier est très improbable" et le marché "anticipe toujours deux baisses de taux cette année", souligne Kathleen Brooks.

"L'affaiblissement du marché du travail, combiné à une forte croissance du PIB, est le signe d'une hausse marquée de la productivité aux États-Unis. Celle-ci pourrait être liée à l'intelligence artificielle (IA), à la robotique, à une meilleure efficacité du fret ou encore à des programmes de gestion des stocks, ce qui suggère que la révolution de l'IA est en marche", juge encore Kathleen Brooks.

La publication du rapport a eu peu d'incidence sur le marché de la dette, où les taux d'emprunt des États étaient stables par rapport à la veille, vers 17H20 GMT, le rendement de l'emprunt américain à dix ans était à 4,17% et son équivalent allemand, référence en Europe, était à 2,86%.

Du côté des changes, le billet vert prenait 0,27% à la monnaie unique européenne, à 1,1629 dollar pour un euro.

afp/al