Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales cherchent une direction vendredi, la prudence restant de mise face aux fortes valorisations du secteur tech et aux incertitudes concernant la trajectoire de taux de la Réserve fédérale américaine.

Après un rebond jeudi, le Nikkei, indice vedette de la Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 1,19%, plombé par le mastodonte japonais des investissements technologiques SoftBank (-6,87%), très exposé aux valeurs liées à l'intelligence artificielle.

Les autres places asiatiques ont terminé dans le rouge: Shanghai (-0,25%), Séoul (-1,81%) et Shenzhen (-0,36%).

En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,15%, Francfort 0,11% et Milan 0,35% quand Londres cédait 0,26%. Vers 10h15, Zurich avait inversé la tendance positive du début de matinée et perdait 0,13% à 12'283,44 points.

Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group, note un "sentiment prudent" en Europe après le recul des marchés asiatiques.

Les marchés d'actions ont en effet connu "une semaine turbulente marquée par des sentiments contradictoires - l'enthousiasme autour des avancées technologiques se heurtant au scepticisme croissant quant à la capacité des valorisations stratosphériques du secteur de l'intelligence artificielle (IA) à tenir le coup", explique-t-il.

"Les investisseurs qui avaient alimenté" la hausse des indices boursiers de cette année, "portés par l'espoir de baisses de taux de la Fed (la Réserve fédérale américaine, NDLR) et d'une croissance tirée par l'IA, réévaluent désormais si les investissements massifs dans les infrastructures (...) apporteront vraiment les rendements attendus", poursuit M. Munnelly.

La banque centrale américaine a en effet jeté le doute sur le futur de sa politique monétaire après avoir réduit ses taux d'intérêts pour la deuxième fois d'affilée fin octobre, le président de l'institution Jerome Powell prévenant d'une façon inhabituellement directe, qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise à la réunion suivante, en décembre.

Le président de la Fed de Chicago Austan Goolsbee a estimé jeudi qu'il fallait être "prudent" et "ralentir" en raison de l'absence de données officielles sur le niveau de l'inflation.

Car les Etats-Unis sont entrés dans le 37e jour de paralysie budgétaire ou "shutdown", un record, républicains et démocrates étant incapables de s'entendre sur un nouveau budget depuis le 1er octobre.

Les investisseurs sont ainsi privés de données officielles américaines et se focalisent sur les rapports privés.

Un rapport mensuel publié jeudi par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a montré que les suppressions d'emplois en octobre aux Etats-Unis étaient au plus haut pour ce mois depuis 2003, avec 153.074 suppressions annoncées.

"Le chiffre élevé de suppressions d'emplois a ravivé les espoirs d'une baisse des taux de la Fed en décembre", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

Dans ce contexte, sur le marché des changes, vers 09H50, le billet vert s'affichait en légère hausse de 0,10% face à la monnaie unique, à 1,1535 dollar pour un euro.

Les taux à dix ans sur les bons du Trésor américain s'établissaient à 4,10%, contre 4,08% à la clôture la veille.

IAG décroche, dans le sillage d'Air France-KLM

IAG, la maison mère de British Airways et Iberia, a publié vendredi un bénéfice net en léger recul au troisième trimestre, pointant notamment "un certain ralentissement" pour ses vols vers les États-Unis. Le groupe perdait 8,04% à Londres vers 09H50.

Air France-KLM avait déjà chuté à Paris jeudi (-14,85%) après avoir annoncé une érosion de son bénéfice net de 7% au troisième trimestre sur un an. Le titre grappillait 0,55% vendredi matin.

Feu vert pour Daimler Truck

Le constructeur de poids lourds Daimler Truck résiste malgré une chute de son chiffre d'affaires de 14% au troisième trimestre, avec des difficultés particulières aux Etats-Unis, selon un communiqué publié vendredi.

Les recommandations à l'achat se maintiennent car le cours a déjà beaucoup baissé dernièrement (-13% sur les 12 derniers mois).

Vers 09H50, le titre gagnait 0,63% à Francfort après avoir ouvert en forte hausse.

afp/ckMT