Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux sont allés de l'avant mardi, profitant des espoirs de résolution prochaine du blocage budgétaire aux Etats-Unis, malgré quelques prises de bénéfice sur les géants technologiques américains face aux doutes sur leur niveau de valorisation.

Le Sénat américain a adopté lundi une proposition de loi qui prolonge le budget actuel jusqu'à fin janvier, et la Chambre doit en débattre à partir de mercredi, avec un vote attendu potentiellement dans la soirée.

Il ne resterait alors que la signature de Donald Trump pour permettre la reprise des activités de l'Etat fédéral, après plus de 40 jours de suspension partielle.

"Ainsi, si tout se passe bien, le +shutdown+ pourrait être terminé d'ici la fin de la semaine", explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Cette résolution, "qui coïncide avec la possibilité d'une politique monétaire progressivement accommodante, entraîne une bifurcation entre les indices de référence" de Wall Street, souligne Jose Torres, d'Interactive Brokers.

Le Dow Jones, qui regroupe des entreprises et des industries dépendant largement des dépenses des ménages américains, a été l'indice le plus recherché, prenant mardi 1,18%.

Le fait que plus d'un million de fonctionnaires n'ont pas été payés depuis le 1er octobre "a un peu freiné la consommation", juge auprès de l'AFP Tim Urbanowicz, d'Innovator Capital Management.

En revanche, "l'enthousiasme déclinant pour les +Sept Magnifiques+ (le surnom donné aux grands noms de la tech, ndlr) a pesé sur les indices S&P 500 (+0,21%) et Nasdaq (-0,25%)", selon M. Torres.

"Il y a des inquiétudes concernant les valorisations, mais celles-ci ne signifient pas que le marché va s'effondrer, elles laissent simplement beaucoup moins de place aux mauvaises nouvelles", estime Tim Urbanowicz.

Mardi, le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank a annoncé, sans donner plus de détails, s'être entièrement défait en octobre de la totalité de sa participation dans Nvidia, pour un total de 5,83 milliards de dollars.

Le géant des puces, fer de lance de l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle (IA), a lâché 2,96% à 193,16 dollars à New York.

Sommets à Londres et Madrid

En Europe, la perspective d'un déblocage budgétaire aux Etats-Unis a été bien accueilli: la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,15%, Francfort de 0,53% et Milan de 1,24%. A Zurich, le SMI a pris 1,98%.

Le FTSE 100, l'indice vedette de la Bourse de Londres, s'est montré "en grande forme, alors que le ralentissement de la croissance des salaires renforce l'espoir que la Banque d'Angleterre réduira ses taux en décembre", relève Matt Britzman, analyste actions chez Hargreaves Lansdown.

Le taux de chômage britannique progresse régulièrement depuis le début de l'année et la croissance des salaires a freiné dans le secteur privé, selon les chiffres publiés mardi par l'Office national des statistiques (ONS).

L'indice britannique a terminé en hausse de 1,15%, atteignant un nouveau record, tout comme l'indice vedette espagnol Ibex.

Paramount Skydance dévoile sa copie

Le groupe Paramount Skydance - issu de la fusion à l'été de deux grands noms des médias américains - a brillé (+9,77% à 16,74 dollars) malgré des résultats trimestriels en deçà des attentes.

L'entité a profité d'une prévision de 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 2026, aidée notamment par la croissance des revenus issus du streaming et les perspectives d'économies toujours plus importantes, via des licenciements et synergies.

Le pétrole vigoureux

Les prix du pétrole ont encore grimpé mardi avant la publication de plusieurs rapports susceptibles d'apporter de la clarté sur l'état du marché, à l'instar du très attendu World Energy Outlook de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et du rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

"Les tensions géopolitiques persistent, les sanctions américaines touchant les majors pétrolières russes, ajoutant une couche d'incertitude à un marché déjà fragile", note par ailleurs Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 1,72% à 65,16 dollars et celui de WTI américain a progressé de 1,51% à 61,04 dollars.

Vers 21H45 GMT, le billet vert lâchait 0,22% face à la monnaie unique européenne, à 1,1582 dollar pour un euro.

afp/rp