Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent au rythme des résultats d'entreprises vendredi, Wall Street profitant des résultats solides du géant de la tech Amazon, tandis que l'Europe a clôturé dans le rouge, sous l'effet de publications jugées plus mitigées.

A Wall Street, vers 16H45 GMT, le Nasdaq gagnait 0,56% et le S&P 500 0,15%. Le Dow Jones glissait cependant de 0,09%

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,44% tout comme Londres, Francfort a cédé 0,67%, Milan 0,06% et Zurich 0,61%.

"Les entreprises technologiques américaines continuent de dominer les marchés mondiaux avec une croissance exceptionnelle des bénéfices dépassant 15% en glissement annuel, creusant l'écart de performance avec l'Europe", commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.

La hausse portée "par la technologie poursuit sa progression implacable, les marchés grimpant davantage cette semaine dans un mouvement de concentration de plus en plus prononcé", explique-t-il.

Les valorisations des géants de la tech américains sont telles que leurs résultats suffisent à dicter l'humeur sur les marchés.

L'action d'Amazon a décollé vendredi à Wall Street dès l'ouverture, le titre touchant un record et tirant la Bourse de New York. L'action s'envolait vers 16H45 GMT de 10,49%, à 246,25 dollars, soit un bond d'environ 250 milliards de dollars de sa capitalisation boursière.

Le géant du commerce et de l'informatique en ligne a porté son chiffre d'affaires à 180,2 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 13% sur un an.

"Aux Etats-Unis, Amazon est un gros poids de l'indice et cartonne avec d'excellentes publication, poussant le marché américain", explique Florian Allain, gérant de portefeuilles à Mandarine Gestion.

Jeudi, Meta (Facebook, Instagram) avait chuté de plus de 11% à la fermeture de la place américaine, plombée par un bénéfice net en chute libre au troisième trimestre et la perspective d'investissements toujours plus massifs dans la course à l'IA générative.

Les publications d'entreprises ont "ajouté une couche supplémentaire de volatilité", souligne Daniela Sabin Hathorn, analyste principale des marchés pour Capital.com.

"Ces résultats mettent en évidence un défi plus large: les attentes sont extrêmement élevées", explique l'analyste. "Le moindre manque à gagner ou la moindre révision de prévisions déclenche désormais une réaction disproportionnée."

Côté macroéconomie, la Fed a réduit mercredi ses taux directeurs d'un quart de point pour la deuxième fois d'affilée, mais la décision n'a pas fait l'unanimité en son sein et son président a prévenu qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise pour la réunion de décembre.

"Il y a seulement une semaine, les marchés étaient convaincus qu'une série de baisses de taux était imminente. Cet enthousiasme s'est depuis dissipé", note Mme Hathorn.

En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) dont l'objectif est de contenir l'inflation à 2%, a décidé jeudi de maintenir son taux de dépôt, référence de la politique monétaire, à 2%, comme depuis juillet.

Thyssenkrupp fait le ménage

Le conglomérat industriel Thyssenkrupp (-2,78% à Francfort) a remplacé vendredi le chef de sa division acier en crise. Le contrat avec le précédent chef, Dennis Grimm a été "résilié d'un commun accord" et le poste sera repris par Marie Jaroni, responsable des ventes et de la transition vers une production écologique d'acier, selon un communiqué.

- Nouvelle entrée en Bourse à Londres -

Champion britannique du thon en boîte, le groupe Princes a fait vendredi son entrée à la Bourse de Londres, une bonne prise pour une place britannique en mal de nouvelles cotations. Le cours de Bourse de Princes a terminé à l'équilibre vendredi sur la place britannique.

Le pétrole patiente avant l'Opep

Sur le marché du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 0,05% à 65,03 dollars et celui de son équivalent américain, le WTI, gagnait 0,17% à 60,67 dollars vers 16H45 GMT.

Les investisseurs patientent avant la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) dimanche.

"Les marchés s'attendent à ce que le groupe approuve une nouvelle hausse de la production de 137.000 barils par jour en décembre", affirme à l'AFP Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

afp/al