Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont partagées mardi, entre d'une part les espoirs de résolution imminente de la paralysie budgétaire record aux Etats-Unis, et d'autre part, les prises de bénéfices face aux doutes suscité par les valorisations liées à l'IA.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,15%, Francfort de 0,53% et Milan de 1,24%. La Bourse suisse a elle vu son indice phare SMI bondir de 1,98% à la clôture.

Le FTSE 100, l'indice vedette de la Bourse de Londres, s'est montré "en grande forme, alors que le ralentissement de la croissance des salaires renforce l'espoir que la Banque d'Angleterre réduira ses taux en décembre", relève Matt Britzman, analyste actions chez Hargreaves Lansdown.

Le taux de chômage britannique progresse régulièrement depuis le début de l'année et la croissance des salaires a freiné dans le secteur privé, selon les chiffres publiés mardi par l'Office national des statistiques (ONS).

L'indice britannique a terminé en hausse de 1,15% après avoir touché un record en clôture mais aussi en séance, dépassant temporairement les 9900 points.

A Madrid, l'indice vedette Ibex a également atteint un nouveau sommet historique en séance comme en clôture, dépassant momentanément les 16'400 points.

Ces hausses et records sont aussi portées par un vent d'optimisme entourant la possible fin de paralysie budgétaire aux Etats-Unis. Le Sénat américain a adopté lundi un texte qui, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de "shutdown". Le texte doit désormais être débattu et adopté à partir de mercredi à la Chambre des représentants.

"Ainsi, si tout se passe bien, le +shutdown+ pourrait être terminé d'ici la fin de la semaine", explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

A Wall Street, vers 17h45, le Dow Jones prenait 0,47%, l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,22%, quand l'indice Nasdaq, à forte valeur technologique, perdait 0,75%.

Les questions sur le secteur de l'intelligence artificielle causent "une nouvelle fois des tensions sur les marchés financiers, après qu'un autre grand investisseur a exprimé des inquiétudes concernant une bulle de l'IA", relève Mme Brooks.

Mardi, le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank, a annoncé sans l'expliquer, s'être entièrement défait en octobre de la totalité de sa participation dans Nvidia, pour un total de 5,83 milliards de dollars. Le géant des puces Nvidia perdait 3,08%, de même que Microsoft de 0,41%, ou Alphabet, la maison mère de Google, de 0,27%. Intel cédait 1,22% et Palantir 1,78%.

Nvidia "publiera ses résultats le 19 novembre, un événement majeur pour l'ensemble du marché", la société étant perçue comme "le baromètre de toute la dynamique de marché autour de l'intelligence artificielle qui a soutenu les actions cette année", note par ailleurs Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.

Une fois le shutdown terminé aux Etats-Unis, l'attention des investisseurs devrait se tourner vers le flot de données économiques à venir, qui avaient été retardées par la paralysie budgétaire. "Les attentes sont élevées", résume Mme Brooks. "On espère que les données du marché du travail et celles de l'IPC (l'indice d'inflation américaine, NDLR), retardées, soutiendront de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed)."

Dans ce contexte, le dollar cédait 0,32% face à la monnaie unique, à 1,1595 dollar pour un euro vers 16H45 GMT.

Le pétrole en légère hausse

Les prix du pétrole restent stables avant la publication de plusieurs rapports, dont le très attendu World Energy Outlook de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et le rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui doivent apporter de la clarté sur l'état du marché.

"Les tensions géopolitiques persistent, les sanctions américaines touchant les majors pétrolières russes, ajoutant une couche d'incertitude à un marché déjà fragile", note par ailleurs Matt Britzman.

Vers 17h45, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 1,75% à 65,21 dollars et celui de WTI américain 1,76% à 61,19 dollars.

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