Le mois dernier, WPP et Dentsu quittaient la plateforme OpenPath au motif que cette dernière cumulait de sérieuses lacunes de transparence et recelait des frais cachés.
Cette semaine, pour les mêmes raisons, c'est au tour de Publicis de prendre le large. Le français, numéro un mondial de la publicité, ne se contente pas de partir : il recommande aussi à tous ses clients de ne plus utiliser OpenPath.
Voici un développement douloureux puisque Publicis représente plus d'un dixième du chiffre d'affaires de The Trade Desk, qui encaisse les coups coup sur coup : sa capitalisation boursière efface ainsi les quatre cinquièmes de sa valeur en un an.
Le groupe basé dans la banlieue nord de Los Angeles menace ainsi de rejoindre le bataillon déjà bien fourni des anciennes gloires de l'adtech clouées au pilori. Dans ce secteur, on ne compte plus les anges déchus.
L'affaire serait vite classée si on ne notait pas que le fondateur et directeur général de The Trade Desk avait investi ces derniers jours la bagatelle de 150 millions de dollars dans sa propre entreprise, en achetant des titres au marché.
Difficile d'imaginer que M. Green - qui s'est fendu d'une riposte publique sur LinkedIn, en soulignant pas tout à fait à tort qu'en matière de transparence les agences n'avaient guère de leçon à donner - paie autant de sa poche pour une simple opération de relations publiques et de gestion de crise.
Quoi qu'il en soit, il était difficile de justifier une valorisation de soixante milliards de dollars pour un groupe qui réalisait moins de trois milliards de chiffre d'affaires - un nombre qui avait tout de même décuplé en dix ans - même si celui-ci affichait une rentabilité très élevée.
Avec le récent effondrement, The Trade Desk commande une capitalisation boursière de 11 milliards de dollars, soit un multiple de vingt-cinq fois son dernier résultat net. Voici qui semble autrement plus raisonnable que les niveaux stratosphériques d'autrefois.
À condition, bien sûr, que The Trade Desk survive à ses récentes déboires, ainsi qu'au raz-de-marée de l'IA qui menace d'étoffer une concurrence déjà pléthorique, dont celle, toujours plus redoutable, de Google et d'Amazon.



















