Paris (awp/afp) - Le groupe bancaire BPCE a annoncé jeudi l'abandon du projet de coentreprise dans la gestion d'actifs entre Natixis IM et l'assureur italien Generali, lequel devait créer un mastodonte européen de près de 1.900 milliards d'euros d'actifs gérés.
Ce projet avait été annoncé en janvier, et un protocole d'accord avait même été signé.
Mais "Generali et BPCE ont" depuis "conduit des discussions approfondies", selon un communiqué, et ont "conjointement pris la décision de mettre un terme à leur négociation (...) considérant que les conditions pour parvenir à finaliser un accord ne sont actuellement pas réunies".
En septembre, le président du directoire Nicolas Namias avait certes qualifié de nouveau le projet de "formidable", mais avait émis de premiers doutes sur des "conditions externes" qui n'étaient pas "réunies pour signer ce projet".
Car cette union franco-italienne était vue d'un mauvais oeil par le gouvernement de Giorgia Meloni et par deux importants actionnaires de Generali, le magnat de la construction Francesco Gaetano Caltagirone et la holding Delfin de la famille Del Vecchio, qui redoutent une perte de contrôle sur l'épargne nationale en cas de fusion avec des actifs français.
Un argument qu'avait tenté de réfuter le PDG français de Generali, Philippe Donnet, reconduit en avril, qui n'avait cessé d'assurer que l'alliance avec Natixis "n'aura aucun impact" sur l'épargne des Italiens ou les obligations d'Etat de la péninsule.
BPCE a répété jeudi dans son communiqué que "les travaux menés ensemble au cours des derniers mois (ont) confirmé les bénéfices et la valeur industrielle du partenariat".
"Les deux groupes maintiennent leur engagement à développer une industrie financière dynamique, en soutenant l'émergence de champions européens compétitifs à l'échelle mondiale", a ajouté le groupe.
Le paysage bancaire et assurantiel italien est bouleversé depuis mois par des tentatives de rachat hostiles entre acteurs, bataille dans laquelle le gouvernement de Mme Meloni s'immisce largement.
Il avait notamment imposé des conditions très restrictives à l'achat par la deuxième banque du pays, Unicredit, de sa concurrente Banco BPM, si bien que l'offre a finalement été retirée.
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