L'inflation annuelle dans la plus grande économie d'Amérique latine a atteint 4,72 % en mai, a indiqué l'agence de statistiques Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE), contre 4,39 % en avril. Ce chiffre est supérieur aux 4,66 % prévus par les économistes interrogés par Reuters.
Sur une base mensuelle, les prix à la consommation ont progressé de 0,58 %, marquant un ralentissement par rapport à la hausse de 0,67 % enregistrée en avril. Les économistes tablaient sur une augmentation de 0,53 %.
Ces données interviennent avant la réunion de politique monétaire de la banque centrale prévue les 16 et 17 juin. L'institution vise une inflation de 3 %, avec une marge de tolérance de plus ou moins 1,5 point de pourcentage.
En avril, les décideurs monétaires ont réduit le taux directeur, le Selic, de 25 points de base pour la deuxième réunion consécutive, le portant à 14,50 %. Ils n'ont toutefois pas pris d'engagement pour la suite, invoquant l'émergence de risques inflationnistes alors que le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran s'éternise.
La hausse de l'inflation en mai a été principalement portée par les produits alimentaires et les boissons, en progression de 1,33 % sur un mois. À l'inverse, les coûts de transport ont reculé de 0,46 % après avoir bondi en mars sous l'effet du choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient.
LES BAISSES DE TAUX SOUS PRESSION
Le gouverneur de la banque centrale, Gabriel Galipolo, a averti la semaine dernière que les pressions liées à la demande s'ajoutent à l'inflation, soulignant les indicateurs qui excluent les chocs d'offre, tels que ceux liés au conflit iranien.
Ces déclarations interviennent alors que les banques brésiliennes ont revu à la baisse leurs prévisions de futures baisses de taux, citant des perspectives d'inflation plus difficiles en raison de la hausse des prix du pétrole et des mesures de relance budgétaire nationales.
L'enquête hebdomadaire de la banque centrale montre que les économistes s'attendent de plus en plus à un cycle d'assouplissement moins marqué. Le dernier sondage prévoit un taux Selic à 13,50 % d'ici la fin de l'année, contre 13,25 % une semaine plus tôt.


















