Chevron a déclaré jeudi s'attendre à une hausse de ses bénéfices dans l'amont pétrolier comprise entre 1,6 et 2,2 milliards de dollars au premier trimestre par rapport au trimestre précédent. Cette progression est portée par la flambée des cours du brut liée à la guerre en Iran, bien que l'impact des stratégies de couverture pourrait peser sur les résultats.

La major pétrolière américaine a précisé que des effets de calendrier liés aux couvertures et à la comptabilité devraient réduire les bénéfices et le flux de trésorerie opérationnel (hors fonds de roulement) d'un montant compris entre 2,7 et 3,7 milliards de dollars après impôts, principalement dans ses activités d'aval. Cet impact devrait toutefois s'inverser à l'avenir, a indiqué le groupe.

Cet avertissement fait écho aux commentaires de son rival Exxon Mobil, qui a signalé mercredi que si la hausse des prix du pétrole pourrait doper les bénéfices de l'amont d'environ 1,4 milliard de dollars par rapport au quatrième trimestre, le résultat global pourrait chuter, l'impact de plusieurs milliards de dollars des couvertures financières l'emportant sur les gains de prix.

Le conflit, qui a débuté le 28 février, a fait s'envoler les cours du pétrole jusqu'à 65%, certains gisements au Moyen-Orient ayant cessé leur production après la fermeture effective du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième des flux énergétiques mondiaux.

Le titre de la société progressait d'environ 1% dans les échanges d'avant-bourse, s'alignant sur la hausse des cours du brut.

"Chevron présente l'exposition la plus faible au Moyen-Orient parmi les supermajors, les liquides provenant de la région représentant un peu plus de 1% de la production du groupe, ce qui le place mieux que ses pairs pour profiter de l'actuelle hausse des matières premières", a souligné Biraj Borkhataria, analyste chez RBC Capital Markets.

La production nette en équivalent pétrole de Chevron devrait s'tablir en moyenne entre 3,8 et 3,9 millions de barils par jour, les volumes étant affectés par des arrêts de production sur le projet Tengizchevroil au Kazakhstan et une baisse de l'extraction dans certaines zones du Moyen-Orient.

De l'autre côté de l'Atlantique, Shell a également indiqué qu'une production de gaz plus faible au premier trimestre et un impact sur la liquidité à court terme seraient partiellement compensés par un négoce de pétrole plus dynamique, offrant un premier aperçu de la manière dont la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran redessine les profits des géants du secteur.

Chevron, qui doit publier ses résultats le 1er mai, avait fait état d'un bénéfice de 3,04 milliards de dollars dans l'amont au quatrième trimestre.

Les analystes tablent sur un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars pour le trimestre clos le 31 mars, selon les données compilées par LSEG.