Ces reports, qui concernent une capacité cumulée de 500 000 barils par jour (bpj), pourraient plafonner la nouvelle demande chinoise de brut ainsi que les cours mondiaux, alors que les raffineurs du premier importateur mondial de pétrole font déjà face à une consommation de carburant en berne.
Huajin Aramco Petrochemical Co (HAPCO), une coentreprise entre Saudi Aramco, le conglomérat de défense public chinois Norinco Group et Panjin Xincheng Industrial Group, a repoussé le démarrage de sa raffinerie de 300 000 bpj dans la ville de Panjin (nord-est) à septembre ou début octobre, contre mai ou juin initialement, selon cinq sources informées.
Le cabinet de conseil Energy Aspects a indiqué s'attendre à ce que la raffinerie démarre dans la seconde partie du troisième trimestre en raison de l'incertitude sur l'approvisionnement en matières premières liée aux tensions dans le détroit d'Ormuz.
HAPCO n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Aramco a refusé de s'exprimer sur le calendrier de mise en service de HAPCO.
Aramco avait déclaré en 2023 qu'elle fournirait jusqu'à 210 000 bpj de brut à HAPCO. Le projet comprend un vapocraqueur d'éthylène de 1,65 million de tonnes par an (tpa) et une unité de paraxylène de 2 millions de tpa.
Par ailleurs, le redémarrage prévu d'une unité de distillation de 200 000 bpj à la raffinerie de PetroChina à Dalian a été reporté sine die, selon trois sources proches du projet.
Reuters rapportait en janvier que la compagnie pétrolière d'Etat prévoyait de relancer l'usine vers le milieu de l'année pour tirer parti des marges élevées issues du traitement du brut russe à prix réduit. Cependant, ces décotes ont largement disparu depuis que le conflit a perturbé l'offre mondiale et accru la concurrence pour les barils russes.
PetroChina, qui n'a pas officiellement confirmé ses plans de redémarrage pour l'unité de Dalian, n'a pas répondu aux sollicitations.
Ces retards interviennent alors que le conflit iranien a comprimé les marges de raffinage, les perturbations de l'offre moyen-orientale tirant les prix du brut vers le haut, tandis que les raffineurs subissent des plafonnements des prix des carburants imposés par l'Etat. Parallèlement, la demande de carburant s'est affaiblie en raison de l'essor des véhicules électriques.
En conséquence, le débit des raffineries chinoises est tombé à environ 13,3 millions de bpj en avril, son plus bas niveau depuis août 2022, selon les données gouvernementales. Cela correspond à environ 69% de la capacité totale, estimée par les raffineurs d'Etat à environ 960 millions de tonnes par an, soit près de 19,2 millions de bpj.
L'INDE ET LA CHINE EN TÊTE DES AJOUTS DE CAPACITÉS
L'Asie concentre l'essentiel des nouvelles capacités de raffinage devant entrer en service cette année, selon les analystes.
En Inde, les sociétés publiques Hindustan Petroleum Corp (HPCL) et Indian Oil Corp devraient ajouter environ 526 000 bpj de capacité de raffinage cette année.
Le démarrage du projet Barmer de HPCL (180 000 bpj) a été retardé de quelques mois suite à un incendie ; l'entreprise a indiqué prévoir le début des opérations à 60% de sa capacité à partir de ce mois-ci.
Indian Oil Corp a déclaré en mai que les extensions de ses raffineries de Barauni, Gujarat et Panipat seraient achevées respectivement en août, novembre et décembre.





















