L’USDC a bondi de 73% sur l’année pour atteindre une capitalisation de 75 milliards de dollars. En comparaison, l’USDT reste en tête avec 186 milliards, mais sa progression est plus modeste : +36% sur la même période.

Les deux géants dominent un marché des stablecoins en plein essor, particulièrement depuis l’adoption du GENIUS Act l’été dernier. Cette loi américaine a établi un cadre fédéral qui ouvre la voie à une adoption institutionnelle plus large. Les stablecoins ont également fait partie des débats sur des sujets comme le soutien de la dette américaine ou du dollar, eux qui garantissent leurs très larges réserves avec des bons du Trésor à court terme notamment. 

Ainsi, ces derniers sont stratégiques à la fois pour le gouvernement américain mais dorénavant également pour les institutionnels. En effet, ils sont des moyens de paiement disponibles 24/7, sont programmables et plus rapides que les alternatives. 

Et tant qu’un concurrent n’émerge pas réellement, on peut raisonnablement penser que ce sont ces deux acteurs qui partageront l’essentiel de la tendance liée à ce service. Scott Bessent indiquait cet été que ce marché pourrait atteindre 3 700 milliards de dollars d’ici 2030. Même si on enlève 1 000 ou 2 000 milliards pour se rapprocher des estimations des analystes financiers, on parle tout de même d’une croissance démentielle à venir pour ces deux acteurs.

Un MOAT réglementaire

Ce qui propulse Circle, c’est surtout son avance sur le terrain réglementaire. L’entreprise américaine a su tisser des partenariats solides avec des géants comme Visa ou Mastercard, qui privilégient l’USDC pour sa conformité anticipée aux normes, notamment le règlement MiCA en Europe et désormais le GENIUS Act aux États-Unis.

Circle a récemment obtenu une approbation conditionnelle pour opérer dans ce nouveau cadre réglementaire aux Etats-Unis. Si Tether ne parvient pas à suivre, un fossé pourrait durablement s’installer.

Tether, de son côté, reste un acteur étranger. Bien qu’il domine les marchés internationaux, son absence de statut “on-shore” pourrait lui coûter cher face à un Circle en pleine expansion sur le sol américain. Le PDG de Tether l’a reconnu lui-même en septembre, en annonçant un nouveau jeton, l’USAT, destiné exclusivement au marché américain : “C’est un moment très excitant car nous étions sous une forte pression de la part de concurrents qui souhaitent créer un environnement monopolistique aux États-Unis”.

Ce nouveau stablecoin, émis par Tether America (coentreprise avec la banque crypto régulée Anchorage Digital), vise à conquérir le marché. Sa sortie, initialement prévue pour décembre, est désormais attendue dans les prochaines semaines.

Un autre atout de poids est que l’homme aux commandes de cette initiative n’est autre que Bo Hines, ancien conseiller crypto de la Maison Blanche. C’est lui qui avait piloté, en juillet, un rapport fédéral proposant une feuille de route réglementaire pour les actifs numériques.

La concurrence s’annonce féroce pour devenir l’infrastructure stablecoin de référence dans les parcours marchands. Circle, Tether, mais aussi Paypal, qui avance ses pions avec son stablecoin PYUSD, cherchent chacun à s’imposer dans cet écosystème en plein développement.