Coca-Cola a pris mardi le contre-pied des entreprises de biens de consommation ayant averti d'un impact négatif sur leurs bénéfices annuels lié au conflit en Iran. Le groupe a relevé son objectif de résultat annuel, misant sur la solidité de la demande pour ses sodas et autres boissons.

L'action du géant des boissons a progressé de 5% après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, les premiers depuis que Henrique Braun a succédé à James Quincey au poste de directeur général.

La flambée des prix de l'énergie a entraîné une hausse des coûts de production, notamment pour les matériaux d'emballage tels que la résine PET et l'aluminium, à un moment où les industriels disposent d'une marge de manœuvre réduite pour protéger leurs rentabilités par des hausses de prix.

'Si de nombreux consommateurs font preuve de résilience, d'autres sont sous pression en raison d'une inflation persistante, d'une incertitude macroéconomique accrue et de la volatilité engendrée par le conflit au Moyen-Orient', a déclaré Braun lors d'une conférence téléphonique après résultats.

LA MENACE D'UN RENCHÉRISSEMENT DU CONDITIONNEMENT

Coca-Cola opère via des embouteilleurs et distributeurs locaux pour vendre ses concentrés, mais reste directement exposé à la hausse des coûts du plastique et de l'aluminium pour certains produits finis, comme les boissons énergisantes Powerade.

'Nous travaillons activement avec nos partenaires embouteilleurs pour gérer les conséquences de la situation... au Moyen-Orient', a confié le directeur financier John Murphy dans un entretien à Reuters.

A l'instar de PepsiCo, Coca-Cola utilise des instruments de couverture sur les matières premières. Murphy a précisé que l'entreprise avait sécurisé des prix bas avant le début des perturbations actuelles.

Les pressions sur les matières premières dans les segments thé et café ont contribué à un repli de 30 points de base de la marge brute au premier trimestre, ont indiqué les dirigeants, tout en ajoutant que l'impact global sur le panier de coûts demeurait gérable pour l'instant.

Murphy a souligné que si la tarification reste l'un des leviers disponibles pour contrer la hausse des coûts, Coca-Cola tiendra compte de la dynamique globale du marché et de l'environnement de consommation avant de procéder à de nouveaux ajustements tarifaires.

'La priorité absolue est de garantir l'approvisionnement dans tous les formats de conditionnement', a déclaré Murphy. L'an dernier, Coca-Cola avait proposé des formats plus petits aux foyers américains réduisant leurs dépenses face au coût de la vie.

En Inde, la société est confrontée à une pénurie de canettes en aluminium, ce qui a affecté l'offre de Diet Coke en raison de retards de livraison depuis le Golfe, rapportait Reuters plus tôt ce mois-ci.

'Nous avons subi une interruption de l'approvisionnement en canettes... et nous soutenons notre réseau en Inde pour résoudre ce problème. Je m'attends à ce que la situation soit rétablie dans les prochaines semaines', a affirmé Murphy.

UN PREMIER TRIMESTRE QUI DONNE LE TON

Au premier trimestre, les volumes ont progressé dans les quatre zones géographiques, avec une croissance globale des volumes de 3% surpassant l'effet prix de 2%.

Coca-Cola, qui a maintenu son objectif de croissance organique annuelle du chiffre d'affaires, a lourdement investi dans des marques telles que le lait Fairlife et les thés prêts à boire, ainsi que dans les boissons sans sucre ou à faible teneur en sucre, les consommateurs se tournant vers des alternatives plus saines aux sodas classiques.

'Nous considérons KO comme une valeur surperformante, étant donné qu'elle est mieux préservée des pressions inflationnistes et dispose d'une stratégie sophistiquée pour maintenir l'engagement des consommateurs, tant sur l'entrée de gamme que sur le segment premium', ont noté les analystes de J.P.Morgan.

Plus tôt ce mois-ci, son concurrent PepsiCo avait également dépassé les attentes trimestrielles grâce à la résilience de la demande pour les sodas light et à sa décision de baisser les prix sur certaines marques clés de snacks comme Lay's.

Coca-Cola table désormais sur une croissance annuelle du bénéfice par action comparable comprise entre 8% et 9%, contre une fourchette de 7% à 8% précédemment.

Pour le trimestre clos le 3 avril, le chiffre d'affaires s'est établi à 12,47 milliards de dollars, battant les estimations de 12,24 milliards de dollars selon les données LSEG. Le groupe d'Atlanta a publié un bénéfice ajusté de 86 cents par action, au-delà des 81 cents anticipés.