"Trump will fix it" (Trump va résoudre le problème). C’était le slogan martelé à l’automne dernier, dans la dernière ligne droite de l’élection présidentielle. Donald Trump jouait alors sur du velours. Alors que les Américains faisaient face depuis 2021 au retour de l’inflation, il avait beau jeu de dénoncer "l’inflation de Biden" et de dire que lui règlerait le problème.

La suite, on la connait : il a remporté l’élection haut la main, avec en prime le contrôle de la Chambre des Représentants et du Sénat.

Un contrôle du Congrès, une majorité à la Cour suprême et une volonté de repousser les limites de pouvoir exécutif qui lui ont permis de dérouler son agenda : droits de douane, baisse d’impôts, durcissement de la politique migratoire, rénovation de la Maison Blanche…il a pu faire avancer ses priorités sans rencontrer beaucoup de résistances.

Mais un peu plus d’an un après sa réélection, sa popularité a nettement reculé dans les sondages. En effet, s’il peut revendiquer plusieurs victoires (la réduction de l’immigration, les baisses d’impôts, les deals commerciaux), les résultats sont plus mitigés sur sa principale promesse : la baisse des prix.

En effet, l’inflation est toujours autour des 2.5-3%. C’est une forme de stabilisation, certes. Mais, en niveau, les prix sont toujours bien plus élevés qu’il y a 4 ou 5 ans. Seul le prix de l’essence, dans le sillage des prix du pétrole, a baissé. Et les tariffs pourraient maintenir l’inflation sur des niveaux un peu élevés (la partie biens des indices d’inflation remonte depuis quelques mois et contrebalance la baisse de l’énergie et du logement). 

Or, l’économie est la première préoccupation des Américains. Et quand on dit l’économie, ce ne sont pas les stats macro. Sinon, avec 3% de croissance et 4% de taux de chômage à la fin de son mandat, Joe Biden aurait réélu haut la main. C’est davantage le coût de la vie. Autrement dit, le ressenti des ménages au quotidien.

 

L’économie est de loin la première préoccupation des Américains. Source : The Economist

Pour les Républicains, ce thème du coût de la vie est revenu en boomerang avec la victoire  des démocrates dans plusieurs élections locales cette semaine.

D’abord, il y a le triomphe de Zohran Mamdani à New York. Si la ville est acquise aux démocrates, Mamdani se revendique comme socialiste (donc très à gauche aux Etats-Unis). Surtout, il a mis le thème de l’affordability au cœur de sa campagne, en promettant des bus gratuits, le gel des loyers, des épiceries municipales…

Ensuite, il y a la victoire de deux gouverneurs démocrates, en Virginie et dans le New Jersey. Ce qui n’est pas une immense surprise mais l’écart avec les Républicains est notable. Des campagnes également axées sur le coût de la vie. 

Le cas de la Virginie est intéressant. C’est un état où vivent beaucoup de fonctionnaires. Une population affectée par les licenciements du DOGE et maintenant le shutdown.

Une fermeture du gouvernement que Donald Trump lie directement aux revers des Républicains : "Trump qui n’était pas sur les bulletins et le shutdown sont les deux raisons pour lesquelles les Républicains ont perdu les élections ce soir" a-t-il écrit sur Truth Social après l’annonce des résultats.

Ces scrutins locaux sont en tout cas un premier avertissement pour les Républicains à un an des midterms. Donald Trump veut éviter de revivre le scénario de son premier mandat : en 2018, il avait perdu la majorité à la Chambre des représentants, ce qui avait ensuite freiné son agenda législatif.