Ils ont progressivement remplacé les fonds traditionnels voire l’immobilier… En quelques années, les produits structurés sont devenus des outils incontournables dans les stratégies d’allocation. Les craintes nourries à l’égard des produits structurés adossés à l’action Stellantis en témoignent : jusqu’à 2,5 milliards d’euros auraient été investis dans ces produits. Le dernier observatoire Irbis consacré aux produits structurés donne aussi un aperçu de leur influence croissante.

70 milliards d’euros

Autrefois anecdotique, le marché des produits structurés adressés aux particuliers a représenté une collecte totale de 60 milliards d’euros en 2024 en France. Quant à l’année 2025, la nouvelle association France Produits Structurés (regroupant 10 acteurs du marché) a d’ores et déjà avancé le niveau de 70 milliards d’euros.

Autre chiffre évocateur, aujourd’hui six conseillers en gestion de patrimoine sur 10 consacrent au moins 20% de leurs allocations aux produits structurés. Il y a cinq ans, ils n’étaient que 10% dans ce cas. Et la part de ceux qui affectent plus de 40% des encours aux produits structurés atteint déjà 27%, alors que leur part était quasi nulle en 2021.

De manière plus générale, les produits structurés comptent en moyenne pour 34% des portefeuilles gérés par les CGP. Dans un environnement moins favorable aux produits de taux ou à la pierre, ils ont progressivement remplacé les OPCVM obligataires (passés de 21% à 7%) et l’immobilier d’investissement (passé de 30% à 1%).

Le couple rendement/risque plébiscité

 "La protection du capital dans un environnement de taux élevés, ainsi que l'accès aux performances des marchés actions, séduisent les investisseurs en quête de diversification et de visibilité à long terme", écrit l’observatoire.

Certes, l’actualité rappelle que ces produits ne sont pas sans risque dans certaines situations. Pour autant, c’est bien leur couple rendement/risque qui constitue désormais leur principal atout pour les professionnels. Ils citent ce critère dans 29% des cas (6 points de plus qu’il y a cinq ans), l’argument de la diversification ayant quant à lui reculé de 35% à 21%.

Autrement dit, si les produits structurés étaient vus auparavant comme des moyens d’élargir un spectre d’investissement et d’explorer des voies plus difficilement accessibles en direct, c’est aujourd’hui leur profil de performance qui est mis en avant.

L’assurance vie en tête

C’est principalement par la voie de l’assurance vie que les produits structurés intègrent les portefeuilles (dans 55% des cas). Les supports d’épargne retraite (26%) et les comptes-titres (19%) arrivant assez loin derrière.

Sans grande surprise, les sous-jacents utilisés sont avant tout des indices (38%) ou des paniers d’actions (33%).

Enfin, sur un plan technique, les sous-jacents à décrément constituent l’essentiel du marché 83% des CGP interrogés les utilisent et quelque 75% des produits commercialisés sont de ce type.

Les sous-jacents à décrément ont l’avantage de limiter l’exposition de l’émetteur aux dividendes en déterminant dès le départ un niveau de dividende fixe réintégré dans le produit. Les CGP leur attribuent de leur côté de nombreuses qualités : pricing attractif (28%), rendement cible élevé (26%), meilleure probabilité de rappel (19%) …

Il ne faut toutefois pas oublier que ces sous-jacents "à dividende fixe" peuvent aussi être pénalisants pour les investisseurs dans certaines situations, notamment dans un cumul de marché baissier et de forte réduction des dividendes versés par l’entreprise (comme l’a montré récemment le cas Stellantis).