PME et bourse sont des termes qui ont du mal à s’accorder. Certes, les acteurs de la finance ne manquent pas d’idées pour tenter de faciliter l’accès au marché des petites structures. Ainsi par exemple de la recherche sponsorisée qui permet de proposer une couverture d’analyses étendue. Pour autant, les candidats à la bourse ne se bousculent pas. En témoigne la faiblesse des introductions à Paris (2 seulement depuis le début de l’année pour Euronext).

C’est donc une approche radicalement différente qu’a choisi d’adopter Lightning Stock Exchange ou LISE, la nouvelle bourse dédiée aux PME inaugurée en avril dernier et qui a déjà accueilli la cotation de ST Group avec 2,1 millions d’euros levés.

Nouvelles règles et blockchain au programme

Après neuf ans de développement, cette structure a obtenu l’autorisation d’opérer un système dit « DLT » dans le cadre du régime pilote européen, règlement entré en vigueur en 2023.

Cela signifie que LISE peut s’appuyer sur des registres distribués, c’est-à-dire la blockchain. Plus concrètement, ce schéma permet aux investisseurs d’ouvrir un compte directement auprès de la bourse, qui est aussi dépositaire central. Les opérations peuvent ainsi être traitées instantanément car « les titres sont tokenisés sur la blockchain et l’actif de règlement est un euro commercial, lui aussi tokenisé », rappelle la Lettre Vernimmen de mai.

Par rapport au traitement d’une transaction boursière classique, il y a ici moins d’opérations successives et moins d’intervenants.

Plus de souplesse pour les particuliers

Si le passage d’un ordre sur LISE nécessite au préalable d’ouvrir et d’alimenter un compte (avec les vérifications requises par MIF 2), les clients peuvent ensuite intervenir 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec de surcroît des coûts limités. « Les seuls frais pour l’investisseur sont de 0,25% des transactions (dégressifs en fonction de la taille de l’ordre, et tombant à 0,1% au-delà de 120.000 euros) », souligne la Lettre Vernimmen en ajoutant qu’il n’y a ni droits de garde ni commission fixe annuelle.

Moins de lourdeurs pour les entreprises

LISE est positionnée sur les petites levées ne nécessitant pas de prospectus visé par l’AMF : moins de 8 millions d’euros actuellement et moins de 12 millions d’euros dès le 5 juin. Or pour cette cible, LISE peut aussi faire valoir l’argument du coût. Grâce à sa technologie, il est en mesure de proposer une introduction pour 30.000 euros environ (contre 400.000 à 500.000 euros pour une opération classique) et un coût de cotation annuel du même ordre (au lieu de 100.000 euros à 200.000 euros).

Une voie intermédiaire ?

Bien entendu, cette simplification proposée n’est pas sans soulever quelques questions. Récemment, l’allègement des contraintes documentaires prévu par le règlement prospectus pour les levées de fonds a fait l’objet de critiques concernant la moindre sécurité offerte aux investisseurs. Même si LISE est soutenu par BNP Paribas, Caceis et Bpifrance, d’aucuns risquent également de s’interroger sur les protections apportées par cette bourse aux procédures raccourcies.

Toutefois, plutôt que de voir en LISE un concurrent direct aux marchés réglementés traditionnels, peut-être faut-il le considérer comme une source de financement intermédiaire entre d’un côté les marchés réglementés classiques et de l’autre le crowdfunding ou le private equity.