En septembre dernier, nous rappelions dans ces mêmes colonnes que le groupe avait entrepris une stratégie de consolidation de son secteur très agressive pour rattraper son retard sur le français.
Avec un bilan surchargé de dettes, un profit potentiellement en érosion face à la déferlante de l'IA, et une action dont le cours enfonçait sans cesse de nouveaux plus bas, cette orientation était clairement remise en cause par les investisseurs.
L'exercice annuel 2025 avait été meilleur qu'escompté. Concentrix avait mis le holà sur les acquisitions, d'où une croissance au ralenti ; et le turbo sur les économies, d'où un profit d'exploitation qui couvrait plutôt confortablement la charge d'intérêt - sous réserve que les taux n'augmentent pas.
En parallèle, la génération de cash atteignait un record historique, et permettait tant d'augmenter la distribution de dividende d'un bon quart - un signal fort envoyé au marché - que de procéder à une réduction de dette pour la deuxième année consécutive.
La situation reste cependant sensible, et Concentrix continue de marcher sur un fil. En témoigne sa capitalisation tendue à l'extrême, avec des capitaux propres valorisés 1,6 milliard de dollars, et une valeur d'entreprise de 6,1 milliards de dollars - aux quatre cinquièmes propriété des créanciers plutôt que des actionnaires, donc.
Le pessimisme général des investisseurs est bien sûr évident si on rapporte cette capitalisation à un profit d'exploitation avant investissements - ou EBITDA - de 1,2 milliard de dollars, et un cash flow libre de 572 millions de dollars, stock-options - pour près de 100 millions de dollars tout de même - non retraitées.
Publiés hier, les résultats du premier trimestre de l'exercice 2026 indiquent une croissance du chiffre d'affaires de 5,4% - c'est le bon point - mais une dégradation marquée du profit d'exploitation. La guidance sur l'année se veut rassurante, mais elle ne projette jamais qu'un statu quo par rapport à 2025.
Le marché espérait mieux, d’autant que Concentrix continue d'accuser le coup face à Teleperformance, qui le devance toujours de manière marquée en matière de profitabilité.


















