Le marché mondial de l'énergie a traversé l'année 2025 en luttant contre un excédent d'offre, les producteurs croulant sous un pétrole dont personne ne voulait—et l'année 2026 peine encore à résorber ces stocks.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'offre a bondi de 3 millions de barils par jour (bpj), portée par des productions records aux États-Unis, au Brésil et au Guyana, au moment même où l'OPEP+ assouplissait ses coupes. Parallèlement, la croissance de la demande a plafonné sous la barre du million de bpj, freinée par l'essor des véhicules électriques et l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont fini de dégrader le sentiment des investisseurs. En clair : il y avait beaucoup trop de pétrole pour trop peu de preneurs.
Pour Dana Gas, première et plus grande société privée de gaz naturel au Moyen-Orient, ce marasme mondial s'est traduit par un impact direct sur la trésorerie. Ses prix de condensats et de GPL étant indexés sur le Brent, le repli de ce dernier à une moyenne de 69 USD a pesé sur son chiffre d'affaires.
Malgré des succès opérationnels—comme l'achèvement du projet KM250 en avance sur le calendrier—la société a dû lutter contre une tendance mondiale qui a fait de 2025 une année d'usure financière. Il n'est donc pas surprenant que les chiffres de production aient ressenti le poids de cette compression globale.
Tout va pour le mieux ?
Sur le front de la production, le groupe a affiché une moyenne de 53 500 barils équivalent pétrole par jour (bepj) sur l'exercice 2025, en baisse par rapport aux 56 500 bepj de 2024. La situation diverge toutefois selon les régions : au Kurdistan irakien (KRI), la production a légèrement progressé de 2 % pour atteindre 40 900 bepj, portée par la demande des centrales électriques locales et la montée en puissance du champ de Khor Mor.
L'Égypte, en revanche, a connu une période plus difficile, avec une production en chute de 23 % à 12 600 bepj (contre 16 450 bepj précédemment) en raison du déclin naturel de ses gisements. La note positive réside dans un plan d'investissement de 100 millions USD en cours de déploiement pour enrayer ce déclin et relancer la croissance en 2026.
Le temps du repli
Comme prévu, Dana Gas a connu un exercice 2025 mouvementé, avec un bénéfice net en recul de 14 % à 476 millions AED, contre 553 millions AED en 2024. Le chiffre d'affaires a subi une contraction de 22 %, s'établissant à 1,28 milliard AED contre 1,63 milliard AED, principalement sous l'effet de la détente des cours du Brent et du ralentissement de la production égyptienne.
À périmètre constant, les revenus bruts affichent une baisse d'environ 13 %. En fin d'année, la position de trésorerie s'élevait à 788 millions AED, un bond significatif par rapport aux 392 millions AED de l'exercice précédent.
Pour 2026, la direction anticipe une production dépassant les 75 000 bepj d'ici le second semestre grâce à un nouveau pipeline au Kurdistan. Il convient toutefois de noter qu'au début de 2026, l'escalade des conflits au Moyen-Orient a commencé à menacer les infrastructures critiques, ajoutant une couche de volatilité géopolitique à un paysage productif déjà sous pression.
Un pipeline vers les profits ?
Sur le plan boursier, Dana Gas affiche une configuration solide, s'échangeant à 0,86 AED, soit une progression de 13,1 % sur un an. Pour rappel, son plus haut sur 52 semaines se situe à 1 AED, pour une capitalisation boursière de 6 milliards AED.
Bien que son ratio cours/bénéfice (PER) actuel de 11,8x soit légèrement plus élevé que sa moyenne historique sur trois ans (10,3x), les perspectives de dividendes sont prometteuses. Le rendement attendu est de 6,9 % pour 2026, avec un potentiel de hausse jusqu'à 11 % d'ici 2028.
L'unanimité règne chez les cinq analystes suivant la valeur, qui recommandent tous l'achat ("Buy") avec un objectif de cours moyen de 1,2 AED. Cela laisse entrevoir un potentiel de hausse massif de 24,4 %, faisant du titre une option séduisante pour qui sait tolérer la volatilité régionale.
Crise de croissance
En parlant de volatilité, ce profit potentiel n'est pas sans risques. Dana Gas reste sous une menace constante, les tensions au Moyen-Orient risquant de perturber ses opérations fondamentales.
Au-delà des risques physiques, le chaos dans le détroit d'Ormuz a transformé les routes maritimes en un véritable cauchemar logistique. Malgré d'ambitieux projets d'expansion, le bilan de la société reste tributaire d'une éventuelle accalmie géopolitique dans la région.


















