Dans une lettre consultée par Reuters, plus de 80 membres de la Chambre des représentants, dont au moins trois Républicains aux côtés des Démocrates, ont appelé le secrétaire d'État Marco Rubio à reconsidérer le sort de 1 100 Afghans bloqués au Qatar dans l'attente d'une réinstallation.
« C'est à la fois un impératif moral et de sécurité nationale que notre pays respecte sa promesse et veille sur ceux qui se sont mis en danger pour assurer notre sécurité », a déclaré dans un communiqué le représentant démocrate du Colorado, Jason Crow, ancien Ranger de l'armée de terre et initiateur de cette lettre.
Plus tôt cette année, l'administration Trump a mené des discussions pour envoyer ces Afghans en République démocratique du Congo (RDC), alors qu'ils se trouvent dans une impasse juridique plus de quatre ans après le retrait américain de Kaboul.
La situation des Afghans s'est particulièrement durcie depuis la fin de l'année 2025, après qu'un immigré afghan a été accusé d'une attaque à Washington ayant coûté la vie à un membre de la Garde nationale et en ayant blessé un autre.
À la suite de cette fusillade, l'administration Trump a pointé du doigt l'insuffisance des contrôles de sécurité (vetting) des Afghans et autres ressortissants étrangers sous le mandat de l'ancien président démocrate Joe Biden, bien que le suspect, Rahmanullah Lakanwal, ait obtenu l'asile sous la présidence Trump.
Donald Trump a signé un décret interdisant l'entrée aux États-Unis des réfugiés afghans, y compris ceux ayant travaillé avec l'armée.
De nombreux collègues républicains de Trump au Congrès se sont désolidarisés de ce qui était autrefois un soutien bipartisan à des initiatives telles que le programme de Visas d'immigration spéciaux (SIV), destiné à permettre aux Afghans ayant collaboré avec les forces américaines de s'installer aux États-Unis.
Interrogé lors d'auditions parlementaires la semaine dernière, Marco Rubio a été questionné sur le maintien du projet d'envoi des Afghans en RDC, malgré une épidémie d'Ebola dans ce pays africain ravagé par la guerre. M. Rubio a répondu que les États-Unis discutaient avec « plusieurs pays » pour leur accueil.
« AUX CÔTÉS DE NOS MILITAIRES »
Dans leur missive, les législateurs ont souligné les services rendus par les Afghans aux forces américaines. « Au cours de notre mission de près de 20 ans en Afghanistan sous quatre administrations successives, nos alliés afghans ont occupé des rôles essentiels en soutien aux opérations américaines, combattant aux côtés de nos militaires en tant qu'interprètes, prestataires et personnel de sécurité », indique la lettre.
« Nous demandons instamment que la priorité soit donnée à des voies d'accès sûres, stables et économiquement viables, qui préservent les intérêts de sécurité nationale des États-Unis et honorent nos engagements », poursuit le texte.
Les parlementaires suggèrent également que les Afghans ayant passé avec succès les contrôles de sécurité renforcés et dont le voyage est approuvé puissent être admis sur le territoire américain.
Les signataires ont demandé la tenue d'un briefing sur cette question d'ici le 24 juin, sollicitant notamment une mise à jour sur l'état des négociations pour les réinstallations dans des pays tiers ainsi que sur le fondement juridique permettant de contraindre les évacués afghans à rejoindre un pays tiers.
La lettre a également été adressée au secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, ainsi qu'au secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.



















