Le groupe de logistique allemand DHL Group s'est dit confiant mardi quant à sa capacité à sécuriser l'approvisionnement en carburant de sa flotte aérienne en Europe jusqu'au mois de juin, tout en affichant une visibilité moindre concernant l'Asie, a déclaré son président du directoire. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti il y a une semaine que des pénuries physiques de kérosène pourraient survenir en Europe d'ici juin en raison des perturbations liées au conflit avec l'Iran, compte tenu de la forte dépendance du continent aux importations en provenance du Moyen-Orient. La Commission européenne doit présenter mercredi des plans d'urgence. "Jusqu'à présent, nous ne constatons aucune pénurie ni aucun signe de pénurie chez les fournisseurs avec lesquels nous travaillons, mais la visibilité est assez limitée, particulièrement en Asie", a déclaré Tobias Meyer à un groupe de journalistes à Bruxelles. Il a précisé que si la Chine disposait de réserves stratégiques conséquentes, d'autres pays de la région bénéficiaient de stocks de sécurité plus réduits.

ENGAGEMENTS DES MAJORS PÉTROLIÈRES

M. Meyer, dont l'entreprise exploite près de 300 appareils, a indiqué que pour les aéroports européens, DHL disposait d'une "visibilité et d'engagements" de la part des majors pétrolières pour les mois de mai et juin.

"L'évolution au-delà de cette période est difficile à prévoir, mais le problème semble plus sévère en Asie qu'en Europe... Pour l'Europe, nous bénéficions de deux à quatre semaines d'assurance supplémentaires", a-t-il ajouté.

La guerre avec l'Iran et les perturbations du trafic aérien au Moyen-Orient qui en découlent ont, selon M. Meyer, entraîné un surcroît de demande pour DHL, les transporteurs du Golfe ayant réduit leurs opérations.

"Cette capacité est désormais absorbée par des transporteurs comme nous qui opèrent des liaisons directes entre l'Asie et l'Europe ; nous desservons par exemple la route Singapour-Inde-Europe. Pour nous, la demande est en hausse, pas en baisse", a-t-il précisé.

M. Meyer a estimé que les risques de pénurie pourraient ne pas être suffisamment intégrés par le march&é et que les difficultés pourraient persister même en cas de réouverture totale du détroit d'Ormuz au trafic.

Le pétrole met généralement trois à six semaines pour acheminer le brut des puits vers les raffineries, ce qui signifie que ces dernières commencent seulement à ressentir le plein impact de la fermeture du détroit, consécutive aux frappes israélo-américaines lancées contre l'Iran fin février. (Reportage Philip Blenkinsop ; rédaction Barbara Lewis)