1/3 : Qu’est-ce qui fait la valeur d’une action ?

Avant d’expliquer ce qu’est réellement un dividende, il est essentiel de bien comprendre ce qu’est une action.

Un titre de propriété

A la manière de l’acte de propriété de votre résidence principale établi par le notaire, l’action est un titre qui atteste de votre statut de propriétaire. Lorsque vous êtes actionnaire d’une entreprise, vous êtes propriétaire ou plutôt copropriétaire de cette entreprise.

L’action est donc dans sa nature bien différente de l’obligation, laquelle est un titre de créance (qui indique que l’entreprise doit une certaine somme à celui qui a prêté ou qui a racheté la créance).

Ainsi lorsque l’on s’échange des actions sur un marché financier, on transfère une partie de la propriété de l’entreprise concernée, de la même façon que l’on pourrait transférer la propriété d’un bien immobilier en vendant ou en achetant des parts d’une société civile immobilière.

Du fait de son statut, l’actionnaire a bien entendu des droits et des obligations vis-à-vis de l’entreprise. Mais l’achat d’une action a aussi une implication importante au plan économique. Au travers de son action, l’actionnaire devient de manière indirecte propriétaire de ce que possède l’entreprise, du moins en termes de valeur économique. Il est important de bien avoir ce principe en tête pour comprendre ce qu’est un dividende.

La notion de valeur d’entreprise

De façon assez logique, la valeur d’une action est le reflet de ce que vaut l’entreprise (ou plus exactement le reflet de la quote-part que représente cette action).

Il existe diverses manières de valoriser une entreprise (sur ses résultats, sur ses perspectives, sur ses actifs…), mais la finalité est toujours d’arriver à un résultat qui peut être décomposé en deux parties.

Le premier composant est la valeur d’entreprise (souvent abrégée en VE). Cette notion peut être rapprochée de la valeur du fonds de commerce ou de la valeur de l’activité commerciale de l’entreprise, indépendamment de sa situation financière.

Imaginons que grâce à son activité, une entreprise prévoit de dégager 20 000 euros de résultat opérationnel et que les normes du secteur valorisent les entreprises 9 fois leur résultat opérationnel. L’entreprise en question aura une valeur d’entreprise de 180 000 euros.

L’impact de la situation nette

Une fois déterminée la valeur d’entreprise, c’est-à-dire la valorisation de l’activité commerciale, l’étape suivante consiste à regarder la position de trésorerie de l’entreprise. La société peut en effet disposer d’une trésorerie positive dans ses comptes, d’une trésorerie nulle ou d’une trésorerie négative (dette).

Le but de ce retraitement est facile à comprendre. Reprenons notre exemple d’une valeur d’entreprise de 180 000 euros appliquée cette fois à deux entreprises, A et B.

L’entreprise A a une trésorerie nulle, cela signifie qu’en achetant l’entreprise A, un actionnaire mettra la main sur 20 000 euros de résultat par an.

Avec l’entreprise B, il obtiendra la même chose. Mais si l’entreprise B a en plus 50 000 euros de trésorerie sur son compte, un acquéreur pourra outre les résultats prendre possession de 50 000 euros de cash. Il parait donc logique de payer plus cher l’entreprise B. Si l’on considère que la valeur du "fonds de commerce" est de 180 000 euros, il sera logique d’être prêt à payer l’entreprise B jusqu’à 230 000 euros.

A l’inverse, à situation égale, un acquéreur paiera moins cher une entreprise endettée puisque les résultats encaissés au fil du temps seront amputés de la dette à rembourser.

Valeur du capital et valeur de l’action

Ainsi, la valeur du capital (equity en anglais) équivaut à la valeur d’entreprise (VE) augmentée de la trésorerie ou diminuée de la dette.

Déterminer le prix d’une action est ensuite un jeu d’enfant. Il suffit de diviser cette valeur du capital (capitalisation) par le nombre d’actions.

A ce stade, il est aisé de comprendre que toute variation de la trésorerie d’une entreprise fait évoluer la valeur de son capital et donc celle de ses actions.

C’est exactement ce qui arrive en cas de paiement d’un dividende comme le montrera le deuxième volet de notre série. 

Les trois épisodes de notre série sur les dividendes :