Il y a un an, juste après son investiture, Donald Trump faisait une intervention à distance au forum économique de Davos. Un discours dont on a surtout retenu un message : le coup de pression à l’OPEP pour faire baisser le prix du pétrole. "Je vais également demander à l'Arabie saoudite et à l'OPEP de baisser le prix du pétrole. Il faut absolument le baisser, et franchement, je suis surpris qu'ils ne l'aient pas fait avant les élections. Leur inaction témoigne d'un manque de bienveillance. J'étais un peu surpris."
Depuis un an, les pays de l’OPEP ont remis des barils sur le marché – ils ont progressivement mis fin à leurs propres coupes de production. Le résultat, c’est un baril de pétrole en baisse de 19% depuis janvier 2025. La bonne nouvelle pour Donald Trump, c’est que cela se traduit par une baisse du prix à la pompe pour les Américains.
Mais le président américain n’a pas eu tous les bénéfices escomptés à l’époque. "Si le prix baissait, la guerre russo-ukrainienne prendrait fin immédiatement. Actuellement, le prix est suffisamment élevé pour que ce conflit se poursuive. Il faut absolument faire baisser le prix du pétrole. C'est ainsi que cette guerre prendra fin."
Un an plus tard, Donald Trump n’est toujours pas parvenu à mettre un terme à cette guerre. Il a plusieurs fois reconnu qu’il pensait que cela serait plus rapide. Pendant la campagne de 2024, il promettait une fin "en 24 heures."
Si un pétrole plus faible réduit les revenus de la Russie et contraint le financement de son effort de guerre, force est de constater que cela n’a pas entamé la détermination du Kremlin, qui n’a pas semblé presser de conclure les négociations de paix.
Donald Trump espérait aussi que les taux d’intérêt baissent grâce à un prix du pétrole plus faible. "Avec la baisse des prix du pétrole, j'exigerai une baisse immédiate des taux d'intérêt. Et de même, ils devraient baisser partout dans le monde."
Le raisonnement est le suivant : des prix du pétrole plus faibles font baisser l’inflation, ce qui permet ensuite aux taux d’intérêt de baisser.
Depuis ce discours, la Fed a baissé les taux trois fois, pour un total de 75 points de base. Mais les taux longs n’ont pas autant baissé. Le 10 ans américain n’est que 30 points de base plus bas. A cette même époque l’an dernier, Scott Bessent rappelait d’ailleurs l’importance des taux longs : "lui (Trump) et moi sommes focalisés sur le 10 ans."
En effet, si les prix de l’essence sont plus faibles, l’inflation n’a pas autant reculé. L’inflation core PCE (hors alimentation et énergie) était à 2.8% en janvier 2025, et toujours à 2.8% pour le dernier mois publié (septembre).
A cela s’ajoute un déficit budgétaire toujours très élevé, des menaces sur l’indépendance de la Fed, et une volonté des grands investisseurs de se diversifier des actifs américains face à l’imprévisibilité de cette administration.

















