Le conflit en Iran a maintenant dépassé les 100 jours et Donald Trump peine toujours à trouver une porte de sortie.

Au cours du week-end, le président américain a tenté de calmer l’escalade entre Israël et l’Iran. Dimanche, les Iraniens ont lancé pour la première fois depuis le début du cessez le feu une attaque sur Israël, en réponse aux frappes de l’armée israélienne sur Beyrouth. S’en sont suivis plusieurs rounds de frappes entre les deux pays.

Lundi, Donald Trump a finalement réussi à éviter une reprise du conflit, après un énième appel avec le Premier ministre israélien. Dans une interview accordée à Axios, Trump a déclaré avoir averti Netanyahu que s’il retournait en guerre contre l'Iran, il pourrait se retrouver à combattre seul. "J'ai dit : 'Bibi, tu ferais mieux de faire attention, ou tu seras bientôt livré à toi-même".

Hier, l’escalade s’est poursuivie. Un hélicoptère Apache américain a été abattu par un drone d'attaque iranien, contraignant les Américains à riposter. L'armée américaine a indiqué avoir visé la défense aérienne iranienne, des stations de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance à proximité du détroit d'Ormuz. En réponse, les Iraniens ont mené des frappes mercredi contre les bases américaines en Jordanie, à Bahreïn, et au Koweït.

Il veut un accord

Et pourtant, Donald Trump continue à minimiser la portée de ces accrochages. Lors d’un entretien téléphonique mardi avec le Wall Street Journal, il a répété que l’incident de l'hélicoptère "n'était pas un problème majeur". Hier soir, le CENTCOM indiquait avoir "lancé des frappes d'autodéfense", précisant que la mission était une "riposte proportionnée à une agression iranienne injustifiée".

Les récents accrochages entre l’Iran et les Etats-Unis sont les plus graves depuis le début du cessez le feu en avril. "Dans cette partie du monde, un cessez-le-feu signifie qu’on tire de manière plus modérée", résumait la semaine dernière Donald Trump.

S’il répète à l’envie qu’ils veulent un accord, c’est lui qui semble désespérément en vouloir un. Il a besoin de mettre fin à ce conflit très impopulaire aux Etats-Unis. La hausse des prix de l’énergie touche les Américains, et a fait chuter la cote de popularité de Trump. Un conflit qui divise également le camp républicain.

Au cours des dernières semaines, Donald Trump a plusieurs fois promis qu’un accord était proche et on ne compte plus les articles d’Axios sur le sujet. Mais pourtant, le conflit a dépassé les 100 jours et les négociations semblent toujours échouées sur les mêmes points.

Tout est lié

L’escalade du week-end a rappelé que le Liban est l’un des principaux points de blocage. Les Etats-Unis et Israël souhaitent que ce dossier soit distinct du conflit avec l’Iran. Les Iraniens, de leur côté, lient tout accord avec les Etats-Unis à un cessez-le-feu au Liban.

Au Liban, Israël combat le Hezbollah, une milice chiite affiliée à l’Iran. Et si un cessez-le-feu a été instauré, l’armée israélienne poursuit ses opérations et occupe toujours une partie du pays.

Une situation qui génère beaucoup de frustration chez Donald Trump. La semaine dernière, Axios rapportait un échange téléphonique très tendu entre les deux hommes.

 

Jérusalem, le 13 octobre 2025

En effet, les espoirs de paix de Donald Trump sont torpillés par un Benjamin Netanyahou va-t-en-guerre. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, le Premier ministre israélien s’est maintenu au pouvoir en étendant toujours plus la guerre.

Axios, citant un responsable américain, résume la situation ainsi : "Bibi a besoin que la guerre continue pour rester politiquement en vie actif en Israël, et Trump a besoin que la guerre se termine pour rester politiquement en vie aux États-Unis". 

In fine, l’impasse dans les négociations ne laisse que deux options à Donald Trump : se retirer (dans ce cas, il dira que les Etats-Unis ont gagné, qu’il n’y a plus rien à détruire en Iran…) ou reprendre les hostilités.

"Ils ont trop tardé à négocier un accord", menace ainsi Donald Trump dans un message publié il y a quelques heures sur Truth Social. "Maintenant, ils devront payer le prix !!!".