D'un côté, il est clair que Dr Martens, en pleine restructuration, limite la casse et assure l'essentiel - c'est-à-dire que la marque conserve des comptes dans le vert et redresse même un peu la barre par rapport à un exercice fiscal 2025 particulièrement éprouvant.
Le chiffre d'affaires accuse un recul de 2,9% sur l'exercice 2026, dû surtout à une baisse des volumes de paires vendues d'une proportion équivalente. À cet égard, certains actionnaires se réjouiront peut-être de constater que Dr Martens s'est abstenu de brader ses prix pour espérer regagner des volumes.
D'autres, au contraire, souligneront que les ennuis de la marque ont commencé - entre autres - avec des augmentations de prix, et qu'à cet égard le groupe aurait justement dû adopter une stratégie fondée sur les volumes. Il est vrai qu'en la matière le britannique y est allé fort : sa marge brute est plus élevée que celle de Birkenstock, et moitié supérieure à celle de Nike.
Au-delà des ajustements du management - pour nos analystes, ni les effets de change ni les coûts de restructuration ne méritent d'être retraités - les effets conjugués de la réorganisation et du plan d'économies ont bel et bien permis d'améliorer le profit d'exploitation, quoique celui-ci reste très en deçà de ses niveaux d'antan.
Sensible déception enfin pour la stratégie de vente directe, qui ne progresse pas. Au contraire même, puisque les ventes sur ce segment déclinent de 5,8% malgré les investissements significatifs entrepris dans les magasins de la marque.
Dr Martens, qui comme tant d'autres - dont Nike, qui fait machine arrière - a parié gros sur sa stratégie de vente directe, doit donc encore faire ses preuves. Semblable déception sur la stratégie de diversification vers les sandales et les bottes hautes.
Les prévisions pour 2027 restent prudentes, sans ouverture de nouveaux magasins, avec une volonté du management de maintenir la dette nette peu ou prou identique, en dépit d'un programme d'investissements de 30 millions de livres sterling qui sera donc trois fois supérieur à celui de l'exercice fiscal 2026.
Dans ces conditions, les investisseurs devraient maintenir une posture attentiste vis-à-vis de la valorisation du groupe. Voir également à ce sujet Dr Martens plc : Chaises musicales, Birkenstock atteint-il un plateau ? et Nike fait les frais d'un pivot générationnel et d'une stratégie inadaptée.


















