Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales avancent prudemment mercredi, dans l'attente des résultats du mastodonte américain de la tech Nvidia, reléguant au second plan la récente flambée des taux sur le marché de la dette des Etats provoquée par les tensions inflationnistes liées à la situation au Moyen-Orient.
Vers 14H15 GMT, en Europe, la Bourse de Paris prenait 0,59%, Francfort 0,34%, Londres 0,17% et Milan gagnait 0,62%. A Zurich, le SMI avançait de 0,43%.
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,18% quand le Nasdaq progressait de 0,48% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,30%.
Les marchés d'actions se maintiennent malgré la récente flambée des coûts d'emprunts des Etats, dans l'attente des résultats de Nvidia (+0,68% vers 14H15 GMT), première capitalisation mondiale, qui doit publier ses performances du premier trimestre après la fermeture de Wall Street.
"Historiquement, les marchés ont eu du mal à maintenir des valorisations élevées dans des environnements où les taux d'emprunt augmentent fortement", souligne Daniela Hathorn, analyste senior des marchés chez Capital.com.
"Et contrairement aux précédentes poussées inflationnistes de la période post-Covid, celle-ci est renforcée par un véritable choc d'offre via les marchés de l'énergie, le conflit au Moyen-Orient poussant les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars et maintenant les anticipations d'inflation à des niveaux élevés", explique-t-elle.
"Ce qui rend l'environnement actuel inhabituel, c'est que les actions semblent prêtes à absorber tout cela parce que le contexte des bénéfices reste extraordinairement solide", en particulier dans le secteur technologique, estime Mme Hathorn. De quoi "éclipser les inquiétudes qui pèseraient normalement sur les valorisations."
- Soulagement sur les taux d'emprunts -
Vers 12H00 GMT, le taux d'intérêt de l'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, reculait à 3,13%, contre 3,19% la veille.
Son équivalent français reculait à 3,74%, contre 3,83% la veille. Au Royaume-Uni, il cédait davantage de terrain, à 5,00%, contre 5,13% la veille, après un recul bienvenu de l'inflation en avril.
Aux Etats-Unis enfin, le taux d'emprunt à échéance 10 ans s'établissait à 4,63% contre près de 4,67% mardi à la clôture. Quant à l'emprunt à échéance 30 ans, il a brièvement frôlé les 5,20% mercredi, son plus haut niveau depuis 2007.
Mardi, les rendements obligataires avaient à nouveau flambé, après avoir déjà grimpé vendredi.
"Avant l'escalade de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, les marchés évoluaient progressivement vers des perspectives d'inflation plus modérées, les investisseurs anticipant un nouvel assouplissement de la politique monétaire américaine", rappelle Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.
Mais avec le pétrole "qui reste à ces niveaux (de prix) élevés pendant une période prolongée, l'inflation et les anticipations d'inflation ont de nouveau fortement augmenté", explique-t-il.
- Le pétrole souffle -
Les cours du pétrole reculent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz.
"En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", a déclaré au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun.
Les cours sont en petite baisse "alors que Donald Trump alterne entre des menaces de reprise des frappes contre l'Iran (...) et des prévisions d'accord rapide" pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, notent également les analystes de DNB.
Vers 14H15 GMT, le Brent de la mer du Nord évoluait à 109,39 dollars le baril (-1,70%) et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, cédait 1,36% à 102,73 dollars le baril.
Les prix du brut restent cependant très élevés: avant le conflit, le baril oscillait autour de 70 dollars.
afp/rp

















